dimanche 21 mars 2021

Hiver 2021 : Permanences à l’observatoire du Verdon et sorties avec le groupe LPO de Saumur

Cet hiver, 81 visiteurs ont été sensibilisés à l'occasion des 7 permanences assurées par 10 bénévoles.

 

Observatoire du Verdon / La Tessoualle
(Photo : Bernadette Delaunay)

 

Les restrictions sanitaires ont contraint le groupe à organiser des permanences en petit comité. Le maintien de ces permanences a toutefois permis de sensibiliser les promeneurs intéressés et d’assurer une présence médiatique dans le Choletais. Un bilan mitigé mais cohérent compte-tenu de l’épidémie.

Cet hiver a aussi été l’occasion d’aller à la rencontre de nos amis du Saumurois.

 

Rencontre entre saumurois et choletais - Plan d'eau des Monteaux / Vivy
(Photo : Bernadette Delaunay)


Le 20 février, nous étions 10 observatrices et observateurs à nous retrouver dans le Choletais pour découvrir, ou redécouvrir les oiseaux de l’étang des Noues, de l’étang de Péronne et de la forêt de Vezins. La météo était capricieuse mais elle ne nous a pas empêcher d’observer 37 espèces assez communes, comme des Pics épeichettes à l’étang des Noues ou des Pipits spioncelles à l’étang de Péronne.

 

Mouettes mélanocéphales - Ichthyaetus melanocephalus - et rieuses
- Chroicocephalus ridibundus - Plan d'eau des Monteaux / Vivy
(Photo : Bernadette Delaunay)

Grèbe à cou noir - Podiceps nigricollis - Plan d'eau des Monteaux / Vivy
(Photo : Bernadette Delaunay)
 

Le 20 mars, c’était au tour des saumurois de nous accueillir, avec cette fois-ci une météo généreuse. Nous étions 10 à profiter du plan d’eau des Monteaux et de ses nouveaux aménagements. Puis, nous avons rejoins l’étang des Youis. Ces deux anciennes gravières au nord de la Loire ont occupé notre matinée. A cette saison, on a pu y observer des Grèbes à cou noir en plumages nuptiaux, des Hirondelles de rivages, des Mouettes mélanocéphales, des Nettes rousses et divers autres canards. Cap vers le sud l’après-midi où nous nous sommes réunis à 13 pour découvrir l’avifaune des plaines de Montreuil-Bellay. Nous avons pu observer des oiseaux étroitement liés à ces espaces : Courlis cendrés, Œdicnèmes criards, Bruants proyers et 5 espèces de rapaces comme les Busards Saint-Martin. Une journée réussie avec plus de 50 espèces observées.

Œdicnèmes criards - Burhinus oedicnemus -
Zone industrielle de Méron / Montreuil-Bellay
(Photo : Bernadette Delaunay)

Malgré la vie ralentie de l’association, le groupe a pu rester actif. L’hiver a permis d’organiser des rencontres très intéressantes, d’échanger et de partager des observations dans la bonne humeur avec nos amis de Saumur. Permanences et sorties naturalistes sont des activités essentielles pour conserver le moral lorsque l’isolement devient pesant.

Lucas Roger

dimanche 3 janvier 2021

Pluviométrie 2020

 Avec un total de 909mm, 2020 est la seconde année la plus pluvieuse après 2018 (947mm). Seul le mois de juillet est très faible avec seulement 6mm. Les autres mois sont dans la moyenne, sauf de janvier à avril, nettement plus que la moyenne et octobre et décembre largement au-dessus.




Merci aux 5 bénévoles qui ont collectés les données, 4 à Cholet et 1 à Nuaillé. Malgré les différences d'un mois à l'autre, globalement, les chiffres se ressemblent.

Sur les 12 dernières années, 2018 et 2020 sont clairement les plus arrosées suivies de 2014, nettement plus que 2010 ou 2017. Sur cette période, on passe de 558mm en 2010 à 947mm en 2018, soit près du double. La moyenne de référence 1951-1980 avec 742mm (article Wikipédia sur le climat en Maine-et-Loire) est maintenant quasi identique à la moyenne 2009-2020 avec respectivement 742 et 745mm.




Sur les mêmes périodes temporelles en moyennes mensuelles cette fois, on constate toujours un déficit marqué les mois d'aout, septembre et octobre et un accroissement net en novembre, décembre et janvier. Il sera intéressant dans les années à venir de vérifier si cette différence persiste...





mercredi 11 novembre 2020

Cholet : installation d'un nichoir pour Faucon pèlerin

A l'usine Michelin de Cholet, l'association BIB LIFE s’investit pour améliorer le cadre de travail des employés. Elle s'engage depuis plusieurs années à favoriser la nature sur les 40 hectares dont Michelin est propriétaire. L'objectif est aussi de mettre en lumière la biodiversité insoupçonnée de ce site industriel.

Au printemps, plusieurs sorties naturalistes ont été organisées dans l'enceinte du site avec des bénévoles de la LPO. Le but de ces sorties était de se faire une idée de la richesse naturelle du site. Parmi les multiples atouts du site choletais, la cheminée de l'usine est propice au Faucon pèlerin. Ce perchoir surplombe de 76 mètres la zone industrielle. L'ouvrage pourrait offrir un site de nidification à des faucons pèlerins nés sur des édifices. La direction de Michelin s'est montrée intéressée par la proposition de la LPO d'installer un nichoir pour ce rapace emblématique.

Photo : Vincent Roger

Les échanges entre l'association des salariés, la direction de Michelin et le groupe LPO Mauges ont eu pour objectif de satisfaire les exigences écologiques du Faucon pèlerin et de respecter les contraintes importantes de sécurité sur cette zone industrielle. Les matériaux ont été financés par Michelin et le nichoir fabriqué sur mesure et bénévolement par mon père pendant l'été. L'installation a eu lieu fin octobre par l'entreprise de cordiste Altitude 44, en même temps que les travaux de maintenance de la cheminée. Les chutes de contreplaqué ont permis de fabriquer 2 nichoirs semi-ouverts pour passereaux et 3 nichoirs pour faucons crécerelles.

Photo : Vincent Roger

©Altitude44


Photo : BIB LIFE
 

L'association BIB LIFE met en œuvre différents projets. Elle a installé 25 nichoirs pour les passereaux cette année. Une quarantaine de nichoirs seront installés cet hiver. Deux hectares laissés en friche derrière l'usine ont été baptisés jardin entomologique et sont laissés intacts. Le jardin entomologique est une lande sauvage qui comprend plusieurs mares temporaires. Lapins de garenne, vipères aspics et tritons crêtés sont présents. Des actions sont envisagées pour favoriser la reproduction d'espèces déjà nicheuses comme le Petit Gravelot, le Faucon crécerelle. Ceci est un bref aperçu des multiples projets prévus. Une réflexion sur la création d'un refuge LPO est en cours.

Félicitation à l'association BIB LIFE, notamment son président Eric Guittet et aux bénévoles LPO pour leur investissement. La nature a sa place dans les usines.

Lucas ROGER

 

 

 

couverture médiatique


• Synergences hebdo n°561 (11/11 au 17/11/2020)  



• Ouest-France du 31/10/2020


• Courrier de l'Ouest du 31/10/2020


 

• JT 18h30 TLC du 29/10/2020

lundi 12 octobre 2020

OISEAUX VOYAGEURS À L’ANGIBOURGÈRE

    Pour voir de plus près la migration des oiseaux, il est besoin de points hauts et bien dégagés. Au nord de la Tourlandry, l’Angibourgère fait figure de site idéal. Sur plusieurs centaines de mètres de crête, court un sentier en balcon d’où la vue porte fort loin. A l’horizon, vers le nord et derrière l’épaulement du Pont-barré, on voit pointer les flèches de la cathédrale et de quelques autres clochers d’Angers. C’est dire le panorama !

    C’est là, ce matin du 11 octobre, qu’a lieu la traditionnelle sortie migration d’automne du groupe LPO Mauges. Huit personnes sont au rendez-vous. Précisons que ni le ciel, encombré de gros lambeaux gris, ni le vent soufflant du nord-ouest n’ont dû motiver les observateurs à se lever tôt, ni les oiseaux à passer en masse.

Observation de la migration - l'Angibourgère / La Tourlandry
(Photo : Bernadette Delaunay)
 

     Malgré cette météo médiocre, aucun regret néanmoins chez les participants. Pas de passages massifs, certes, tels qu’on peut en voir à cette époque, mais, régulièrement, de petites troupes de migrateurs volant plutôt assez haut, hormis quelques escouades d’hirondelles rasant la crête et filant plein sud. Il n’est pas toujours simple d’identifier les oiseaux voyageurs, surtout lorsque viennent à se conjuguer lumière rachitique, éloignement et absence de cris. Reste alors la manière bien particulière qu’ont les oiseaux de voler en groupes : vols indisciplinés et serrés des Linottes mélodieuses, convois réguliers et ordonnés des Pinsons des arbres, petits régiments lâches et onduleux des Bergeronnettes grises.

    De toutes les espèces observées ce matin, au moins treize sont vues en migration, les Pinsons des arbres, les linottes et les Pipits farlouses formant le gros des bataillons. Pas de véritable surprise si ce n’est ce Faucon hobereau tardif et dont la vue d’une troupe d’Hirondelles rustiques passant au même moment a dû attiser la faim.

    A scruter ainsi le ciel dans l’attente des migrateurs, il est difficile de ne pas voir s’activer ici et là les espèces locales. Parmi elles, les deux cadeaux de la matinée : un Élanion blanc occupé à chasser à une centaine de mètres de nous et, tout près, posé à la pointe d’un rameau de genêt, cette jeune Cisticole des joncs ébouriffée par le vent.

    Assister en direct au grand voyage des oiseaux procure toujours une émotion particulière. Installés là, quelques heures durant, sur ce minuscule district, nous sommes les témoins d’une gigantesque transhumance traversant l’Europe, condamnés forcément à ne pouvoir en admirer qu’un fragment infime.

Jean-Michel LOGEAIS

samedi 26 septembre 2020

Pique-nique de rentrée à Chanteloup-les-Bois

   Le groupe s'est retrouvé dimanche 13 septembre pour explorer l'étang de Péronne. Nous sommes sept participants ce matin-là à nous lancer autour du plan d'eau, équipés de jumelles, longue-vues, boites à insectes, filets à papillons et fauchoirs.

   Le cortège d'oiseaux d'eau et d'oiseaux forestiers de cet étang forestier est présent : Foulques, Canards souchets, Grèbes huppés et castagneux, Hérons et Aigrettes en tout genre mais aussi Pic épeiche, Pouillot véloce, Roitelet à triple bandeau et Sittelles. Quelques migrateurs se laissent observer : Hirondelles rustiques, Chevaliers aboyeur et arlequin. Un Faucon hobereau fait également son apparition.

 

Mante religieuse - Mantis religiosa - Étang de Péronne / Chanteloup-les-Bois

(Photo : Hugues Berjon)

 


   Du côté des insectes, le bilan est positif. Ce sont les orthoptères qui sont en majorité. Les zones de végétation fournie nous permettent d'observer des sauterelles Phanéroptères et des Conocéphales gracieux. Ces derniers émettent une stridulation continue détectable lors qu'on les approche suffisamment. Les bords de l'étang nous permettent d'observer des criquets. Des Caloptènes occupent les zones découvertes où l'eau s'est retirée. Des Œdipodes turquoises - les fameux criquets ternes aux ailes bleues - sont présents sur le chemin sec et caillouteux. Aïolope émeraudine et Criquet ensanglanté sont aussi observés, ils affectionnent les endroits humides.

   Viennent ensuite les Hétéroptères, en grand nombre dans les orties et les ronces, avec notamment ces punaises très communes, brunes, aux antennes tordues : Coreus marginatus ou Enoplops scapha.


Noctuelle de la Patience - Acronicta rumicis - Étang de Péronne / Chanteloup-les-Bois

(Photo :  Lucas Roger)

   Soucis, Anax empereur et Sympétrum strié sont aussi observés. Puis, c'est l'heure de rejoindre quatre autres camarades pour échanger autour d'un pique-nique de rentrée.

Lucas R.

jeudi 9 juillet 2020

ET QU’ÇA SAUTE !

Compte rendu de la sortie entomologique du 4 juillet

Lucane cerf-volant ♂ - Lucanus cervus - Étang du Bois Ham / Jallais
Photo : Didier Ferrand

   Première sortie du groupe depuis la fin du confinement, sortie masquée, virus oblige. Pour cet après-midi de début juillet, l’été s’est déguisé en automne : fraîcheur, vent atlantique et petit crachin. Nous nous retrouvons à sept près de l’étang du Bois Ham (Jallais). Nous sommes ici pour les orthoptères (criquets, sauterelles, grillons et compagnie) mais aussi pour tous les insectes que nous rencontrerons.

   Il nous faut seulement quatre heures pour boucler le tour du modeste étang. L’allure normale de croisière pour un entomologiste, confirmé ou en herbe. Exploration de la végétation, captures, recherches dans les livres, discussions, photographies, identification, c’est fou ce que cela prend de temps.

   Coups de filet dans l’herbe, secouements répétés des feuillages. La manne recueillie sur le carré de toile blanche est souvent abondante : charançons, représentant de coléoptères du genre Lagria, un autre, Hispa atra, des chrysomèles, un autre encore du genre Heterotoma. On est heureux de se perdre dans cette surabondance de formes et d’appellations, un peu frustrés néanmoins de ne pas pouvoir toujours donner de nom à une espèce et de devoir s’arrêter au genre. L’entomologie est l’occasion de mesurer le peu que nous savons à l’immensité de notre ignorance.

Anax empereur - Anax imperatorÉtang du Bois Ham / Jallais
Photo : Didier Ferrand


   Du côté des filets classiques, des libellules : Agrion délicat Ischnura elegans, Agrion jouvencelle Coenagrion puella, Pennipatte bleuâtre Platycnemis pennipes, Orthetrum réticulé Orthetrum cancellatum, Anax empereur Anax imperator. Côté papillons, ni le Cuivré Lycaena phlaeas, ni le Myrtil Maniola jurtina ou la Mégère Lasiommata megera ne posent problème. Ce n’est pas le cas en revanche des géomètres, des pyrales et autres micro lépidoptères sur lesquels nous séchons.
   Les sauteurs ne sont pas en reste : Grande sauterelle Tettigonia viridissima, Leptophyes punctatissima, Pholidoptera griseoaptera, Criquet des pâtures Chorthippus parallelus, Criquet des bromes Euchortippus declivus et, pour l’oreille affûtée du plus jeune d’entre nous, les stridulations lointaines d’un Grillon bordelais Eumodicogryllus bordigalensis que notre ouïe érodée ne parvient pas à percevoir.

   Malgré cette météo boudeuse, ces quatre heures d’exploration, sous la houlette des professeurs Charrier et Maudet, nous ont fait prendre la mesure, s’il en était besoin, de cette diversité vertigineuse des espèces que donne à voir le monde des insectes comme de sa fragilité, confrontée à cette moderne et dangereuse passion des hommes pour le béton, l’asphalte, les cultures aseptisées et la nature sous contrôle.


Jean-Michel Logeais

dimanche 7 juin 2020

CHERCHER LA PETITE BÊTE

Hommage aux naturalistes amateurs.

Entomologistes amateurs - Queue du lac du Verdon / Maulévrier

   C’est une armée de l’ombre, une société de peu, une tribu minuscule. Des anonymes, des discrets, des solitaires, des invisibles. Là où ils consument leurs heures libres, personne ne songerait à y aller user ses bottes et ses loisirs. Traîne-ruisseaux, écumeurs de fossés, secoueurs de feuillage, guetteurs de ciel, fouilleurs de mares, fureteurs de nuits, pisteurs d’empreintes, éplucheurs d’herbes…

   Cent mètres d’un chemin de campagne, d’une haie, d’une lisière de bois ou d’étang font à leurs yeux déjà un monde. Un univers à arpenter, à explorer, embouteillé de mousses, de tiges, de feuilles, de stridulations d’insectes, de vols d’oiseaux et de lézards en fuite. Là où le randonneur, obsédé par sa moyenne et le bruit de sa conversation, ne voit ni n’entend rien ou presque, eux prennent tout leur temps pour s’attarder, flâner, musarder, marquer des arrêts, revenir sur leurs pas, l’oreille et l’œil aux aguets, jumelles au cou ou vissées aux yeux pour scruter les nuages, ou bien, loupe en main, penchés sur l’inflorescence d’une ombellifère.

   Là où le profane ne voit jamais que des arbres, eux vont distinguer des charmes, des frênes ou des alisiers. Là où la plupart n’aperçoivent que des oiseaux, eux reconnaissent des Fauvettes grisettes, des Grèbes castagneux ou des Martinets noirs. Quand beaucoup ne parlent – trop souvent pour s’en plaindre – que de sales bestioles, eux prennent plaisir à identifier des Cétoines dorées, des Argiopes frelon, à moins qu’il ne s’agisse de Rhizotrogus aestivus car, pour mieux pénétrer le détail de la nature, il faut savoir un peu parler latin.

   Leur vocabulaire est comme une litanie d’espèces et de sous-espèces, un hymne psalmodié à la nature sauvage où la poésie des noms vient tutoyer la science taxinomique : Céphalantère rose, Sceau de Salomon, Garance voyageuse, Petite Nymphe à corps de feu, Sonneur à ventre jaune, Elanion blanc, Grive musicienne, Rémiz penduline, Murin d’Alcathoé, Crocidure musette… Au foisonnement du vivant fait écho un fourmillement de mots. Pour parvenir à pénétrer le premier, les clés fournies par les seconds se révèlent indispensables. Pour le naturaliste, les noms sont autant de sésames lui ouvrant des fenêtres dans l’épaisseur sans fond de la nature.

   Pour nombre d’entre eux, passion, patience et heures passées à battre la campagne, à arpenter prairies, marais, taillis et rivages, tiennent lieu d’université. Leurs bibles, les guides d’identification divers et variés. Ne pas oublier non plus les contacts avec leurs pairs. Il arrive que l’un d’eux, plus avancé en savoir, se transforme, le temps d’une sortie, en passeur, en pédagogue. Il vient par exemple, filet en main et d’un preste coup de poignet, cueillir une libellule à la pointe d’une herbe et, de son autre main, extraire délicatement le bel insecte du piège pour pouvoir en diagnostiquer le juste nom. Forme et couleur du ptérostigma, forme des taches sur le neuvième et le dixième segment…tout un apprentissage, un savoir communicatif et donnant sur le moment des ailes et des envies d’en savoir plus aux apprentis encore timides.

   Des saisons, le naturaliste n’en connaît ni de bonnes ni de mauvaises. Chacune a son intérêt, ses curiosités et ouvre aux aventures et aux explorations des terrains divers et variés. Ainsi le froid de l’hiver – toujours plus rare hélas ! – fait-il parfois descendre du nord la surprise d’un oiseau rare. De même les tempêtes d’automne peuvent-elles leur faire le cadeau de l’inattendu d’une espèce exotique. Chaque mois, chaque jour, la nature lui donne à voir, à entendre, à apprendre et à admirer.

   Si le calendrier des hommes a depuis longtemps divorcé d’avec celui de la nature, les naturalistes sont encore de ceux qui n’ont pas tout à fait rompu avec celui-ci. À ausculter jour après jour la pulsation de la vie sauvage, ils ont été parmi les premiers à pressentir la catastrophe de son appauvrissement.
   Fins connaisseurs, admirateurs sans doute, mais aussi précieux lanceurs d’alerte. On devrait écouter davantage ce que nous disent les naturalistes.

Jean-Michel Logeais