OÙ L'ON REPARLE DE L'ANGIBOURGÈRE
Dans le Courrier de l'Ouest du 5 octobre 2026
JM Logeais
SORTIE SERPENTS À BEAUPRÉAU
Il était 8h30 ce samedi 6 juin quand j'approchais du parc de Beaupréau où je devais animer la sortie grand public sur les serpents des Mauges, une sortie organisée par le groupe LPO Mauges.
Mais avec ces trombes d'eau qui tombaient à ce moment-là, une question me taraudait: devais-je maintenir cette animation?
Les prévisions annonçaient des éclaircies à partir de 9h, alors Banco, on verra bien. À 9h, nous étions plus d'une vingtaine, adultes et enfants, à être confiants et bien nous en a pris.
Photo: Alain GérardD'abord, quelques explications sur les reptiles de France, leur biologie, leur comportement et leur protection totale depuis février 2021, ensuite une présentation des différentes espèces de serpents des Mauges Vipère aspic, Couleuvres verte et jaune, d'Esculape, helvétique, coronelle lisse, vipérine, etc.), puis nous sommes entrés dans le parc, pleins d'espoir.
Après seulement quelques mètres, la chance nous a souri. Sous les rares rayons du soleil, un magnigique Lézard vert occidental, Lacerta bilineata, s'est laissé photographier pendant de longues minutes. Il est vrai que sa température ne doit pas être encore optimale, d'où son immobilisme pour notre plus grand plaisir.
Photo: Alain GérardNous descendons vers le château. L'examen de deux plaques n'apporte hélas aucune observation. La mise en place, par les naturalistes, de plaques de caoutchouc sous lesquelles les serpents peuvent s'abriter permet ainsi aux observateurs d'étudier leurs populations sur un espace réduit. Un des participants découvre toutefois une mue (vieille peau dont le serpent se débarasse lorsqu'il grandit). Les écailles ne sont pas carénées, c'est donc une couleuvre, mais impossible de préciser l'espèce. Un jeune hérisson est aussi découvert. Il n'a pas l'air en grande forme, le froid peut-être. L'un de nous va le récupérer pour l'emmener dans un centre de soins pour la faune sauvage.
Notre balade se poursuit au pied du château. L'endroit est propice aux serpents mais la météo n'est pas avec nous. Trop peu de soleil et le vent s'en mêle.
Malgré tout, je découvre une nouvelle plaque dans la végétation et trouve sous celle-ci un bel Orvet fragile, Anguis fragilis, adulte, le clou de la sortie et qui fera le bonheur de tous. Les enfants sont aux premières loges et moi je suis ravi. Contrat rempli. L'animal retrouve rapidement sa liberté.
Photo: Alain GérardCe n'est que partie remise à l'année prochaine avec, espérons le, une meilleure météo.
Merci à Alain Gérard pour les photos.
Hugues Berjon
L’objectif
initial était de faire observer et/ou découvrir plusieurs oiseaux nicheurs
d’exception : l’Outarde canepetière, le Courlis cendré et le
Bruant ortolan.
Seule
la première espèce avait été mentionnée, les deux autres constituant la
surprise du chef...
La
matinée se passa donc à arpenter les nombreuses jachères liées à des MAEC
(mesures agro-environnementales et climatiques) destinées, pour l’essentiel, à
protéger les outardes. N’oublions pas qu’une jeune outarde en pleine croissance
a un besoin quotidien de 200 criquets en moyenne !
Sans
ces parcelles préservées et qui peuvent occuper de vastes superficies,
l’outarde serait une espèce disparue des Deux-Sèvres (environ 140 couples en
2024)…
D’autre
part, un énième plan d’action national (PNA) a été mis en place, piloté par la
LPO et relayé par le GODS (Groupe Ornithologique des Deux-Sèvres). Il permet de
renforcer la population sauvage par prélèvement des œufs dans les parcelles non
engagées en MAEC pour les protéger des fauches précoces : les œufs sont
conservés au Zoodyssée de Niort puis replacés plus tard dans les nids où,
entre-temps, des leurres en plâtre ont été installés pour que la femelle
continue à couver. Mais comme on ne lui restitue que deux œufs (par exemple sur
4 de la ponte initiale), l’on dispose donc d’un stock d’œufs qui sont mis en
couvoir pour de futurs lâchers... Pour plus d’informations, cf Le Lirou n°44,
2025.
Revenons
à nos...outardes : qu’elles furent difficiles à voir et à entendre :
il nous fallut pas moins de la matinée avant de distinguer très loin le fameux
"prrrt" qui lui a valu son qualificatif !
Une
silhouette tremblotait au loin dans les brumes de chaleur qui ondoyaient sur la
plaine… Ouf, mission accomplie !
Outarde canepetière (Photo : Katia Baudouin)
Un quart d’heure plus tard, le mâle reprenait ses "prrrt" à l’envi sous nos yeux médusés et cela à 20h 30, peu ou prou...
L’autre
objectif, le Courlis cendré, fut abandonné d’un commun accord vu le
temps passé à repérer la première espèce. Par deux fois, cependant, nous
entendîmes au loin la voix flûtée de l’oiseau qui ramena d’un coup sur la
plaine, comme par magie, l’ambiance automnale des estrans vaseux...
La population de la plaine du Nord Deux-Sèvres (en gros Oiron-Thénezay) est remarquable pour l’Ouest (à l’exception des marais de Carentan) : 40 couples en 2024. Rappelons que le Courlis cendré est un oiseau en déclin à l’échelle nationale...
La
troisième espèce, le Bruant ortolan, nous donna moins de fil à retordre
car un mâle chantait sur un fil électrique au bord de la route ! Cela dit,
cette micro-population est très marginale et, pour l’instant, uniquement
cantonnée sur la bordure ouest du 86 où nous avons donc fait une incursion…
Bruant ortolan (Photo : Katia Baudouin)
Deux
autres beaux passereaux se laissèrent admirer dans les colzas voisins : la
Bergeronnette printanière et la Gorgebleue.
Gorgebleue à miroir (Photo : Katia Baudouin)
Bilan chiffré pour les oiseaux : 62 espèces dont les trois espèces de busards des plaines (Busard cendré, Busard Saint-Martin et Busard des roseaux), la Pie-grièche écorcheur, l’Élanion blanc, le Faucon hobereau vu à plusieurs reprises en chasse (sur insecte et sur oiseau) ou se chamaillant avec un faucon crécerelle, les très nombreuses tourterelles des bois souvent à terre, signe d’espoir pour une espèce qui a vu ses effectifs s’effondrer récemment, le Pigeon colombin, la Cisticole des joncs, etc.
L’on
ne saurait terminer sans évoquer les autres richesses de ces plaines en
apparence monotones et stériles : les mammifères, avec de nombreux
chevreuils parfois vus très prés, les lièvres dont un couple en
"action" à quelques mètres, le renard… Les plantes, comme l’œillet
des Chartreux, les nombreuses orchidées (principalement des Anacamptis
pyramidalis). Les insectes dont le magnifique Ascalaphe ambré, Libelloides
longicornis, à la fois papillon et libellule…
Ascalaphe ambré (Photo : Adeline Gatineau)
SORTIE RAPACES, MAIS PAS QUE...
Pour une sortie programmée quelques mois à l'avance, la météo, hélas, n'est jamais garantie. Démonstration faite ce matin du 3 mai, à la Plaine, où six d'entre nous se désespèrent, attendant en vain la fin d'une averse.
UN DÉTOUR PAR L'ÉTANG DE LA THIBAUDIÈRE
De toute façon, il est trop tôt pour les rapaces. Un détour par l'étang de la Thibaudière, tout proche, est l'occasion de découvrir ou de revoir ce site riche en oiseaux. Dommage que le propriétaire (au fait, l'étang est à vendre. 34000 €. On se prend à rêver d'une acquisition par la LPO!) ait eu l'idée saugrenue d'occulter tout un côté de l'étang par une plantation de lauriers-palmes, ne laissant ça et là aux observateurs que quelques bien modestes trouées. Sous l'averse qui continue, les oiseaux sont moins actifs. Quelques mâles de Fuligules milouins sont néanmoins occupés à courtiser des femelles. Un Fuligule morillon est entrevu et des Foulques macroules se poursuivent pendant que circulent quelques Grèbes huppés et que se fait brièvement entendre un Grèbe castagneux. Sur de larges branches , tout près de l'eau, un Chevalier guignette est perché, non loin de trois Grands cormorans.
Dans la végétation environnante, les cris nerveux d'une Bouscarle et le refrain puissant de quelques Rossignols philomèles dominent le concert des autres oiseaux: doux roucoulements d'une Tourterelle des bois, babil continu d'une Fauvette des jardins et bavardage pressé d'un Hypolaïs polyglotte. Mais, vers le nord-ouest le ciel semble se dégager; il est temps de rejoindre notre belvédère à rapaces.
LES PLACES, UN BALCON DONNANT SUR LA FORÊT
Le site est le seul point haut permettant de surplomber la partie sud-est de la forêt de Vezins. Une aubaine pour observer les rapaces. L'énorme enclume d'un cumulonimbus reculant lentement vers le sud-est permet au soleil de s'imposer progressivement. En attendant que se montrent les rapaces, nos yeux et nos oreilles ne chôment pas. Tout près de nous, c'est un vrai festival. Chevêche d'Athéna posée sur le toit d'un hangar, Bergeronnette printanière venant se nourrir à proximité (plus tard, nous en verrons trois autres), Chardonnerets élégants s'activant dans des arbustes, hirondelles rustiques locales se nourrissant au dessus des champs tandis que d'autres ne font que passer et s'éloigner plein nord. Hérons cendrés faisant la navette entre leurs sites de pêche et leur colonie toute proche. Le tout pendant que s'égosillent des Alouettes des champs et que deux Huppes fasciées répètent à l'envi leur Oupoupoup, l'une d'elle n'hésitant pas à chanter à découvert.
Photo Thierry DevanneLes rapaces, eux, tardent à se montrer. Hormis une Buse variable se séchant au faît d'un pylone, le ciel au dessus de la forêt est bien vide. Un mâle de Busard Saint-Martin vient malgré tout chasser au dessus des céréales et un Élanion blanc vient tenter sa chance non loin de nous. Nous admirons l'élégance de son vol. L'un de nous entrevoit au loin la parade d'un autre Busard Saint-Martin. Un Faucon crécerelle vient dévorer sa proie, perché sur une ligne électrique.
Photo Thierry DevanneL'air se réchauffant peu à peu, les Buses sont les premières à s'élever au dessus du moutonnement de la forêt. Mais il faut attendre 11h30 pour que le ciel s'anime vraiment. Vers le sud, au dessus du bocage, une dizaine de buses commencent à cercler pendant que, côté forêt, certaines festonnent. Deux Éperviers d'Europe prennent de l'altitude – peut-être un conflit territorial –. Un rapace nettement plus grand qu'une buse s'élève à son tour, bientôt harcelé par une buse défendant sa zone. L'envergure, les zones claires des sus-alaires, la tête toute blanche et le dessous clair sont les marques d'un immature de Circaète Jean-le-blanc (3ème ou 4ème année?). Tout le monde a le temps de le détailler avant qu'il ne disparaisse vers l'est. Entre les observateurs, les questions fusent, les explications aussi, notamment sur la tenue des ailes en vol caractéristique de telle ou telle espèce de rapace.. Bientôt les gestes se joignent à la parole.
6 espèces de rapaces en tout. Pas si mal pour une sortie que l'on croyait condamnée par la météo! Une occasion de plus pour certains de se familiariser avec des critères d'identification pas toujours faciles à maîtriser et à mémoriser. Et puis il y a toujours ce plaisir de pouvoir se retrouver pour partager un temps notre passion pour les oiseaux. Pari réussi.
Jean-Michel Logeais
Le samedi 11 avril 2026
Sortie botanique – la lande du Chêne-Rond au
PUY-ST-BONNET
Nous
étions 7 à découvrir la botanique sur ce site granitique surplombant le
paysage. A cette saison les couleurs sont éclatantes. Le jaune des fleurs du
Genêt à balais se mêle au bleu des fleurs de la Jacinthe des bois.
Cette lande sèche à Ajonc d'Europe et Genêt à balais accueille une végétation xérophile pelousaire comme la Petite oseille, l'Ornithoppe penné, le Bec de grue, l'Orchis bouffon, le Saxifrage granuleux (ou casse-pierre), la Flouve odorante, la Flouve aristée, le Trèfle souterrain... Ce dernier a la capacité à se ressemer tout seul du fait de l'enfoncement naturel dans le sol de ses graines à maturité. Il est tout à fait adapté aux terrains secs et ensoleillés. Ce milieu ouvert est maintenu par la gestion mise en place par l'agglomération du Choletais depuis plusieurs années mais aussi par l'action du Lapin de garenne très présent sur le site. De petites mares et des dépressions se remplissent d'eau l'hiver et permettent le développement d'espèces comme l'Illécèbre verticillé qui commence tout juste à fleurir (plante quasi menacée en Pays de la Loire), la Renoncule des marais, la Menthe pouillot mais aussi le Callitriche pédonculé. Par endroits la lande tend vers le boisement et permet le développement de plantes sciaphiles comme la Jacinthe des bois, la Stellaire holostée, le Conopode dénudé, le Géranium luisant... Le sol étant squelettique les Chênes pédonculés sont de très petite taille comme nanifiés. Quelques zones au sol plus profond et plus riche accueillent une végétation nitrophile dominée par l'Ortie dioïque et la Luzerne d'Arabie. Nous avons pu observer les nodosités racinaires de l'Ornithoppe penné qui permettent de capter l'azote de l'air. C'est justement sur cette Fabacée qu'elles ont été décrites.
Claude nous fait découvrir quelques mousses et lichens dont une mousse qui servait autrefois à calfater les bateaux (comme en témoignent des pirogues trouvées en 2009 au Marillais : cf. bulletin 90 de Mauges Nature, de mars 2011) ainsi que le très rare Polytric commun.
Nous
avons également eu la chance d'observer une Vipère aspic peu farouche du fait
de la météo fraiche du jour. Enfin, Michel nous a partagé quelques observations
d'invertébrés dont une
araignée : l'Épeire de velours et un petit lépidoptère nocturne :
l'Incurvie courageuse.
Montage photos de Michel CHARRIER - Vipère aspic
(cliché : Laurent CHEVALIER) – Illécèbre verticillé et une partie du
groupe (clichés : Catherine LECHEVALLIER)
Emmanuel DOUILLARD avec
les relectures et les compléments de Michel CHARRIER et Claude BOURGET.
SORTIE DU 28 MARS 2026 à l'OUMOIS/MAULÉVRIER
13 personnes se sont retrouvées pour cette sortie dédiée aux chants d'oiseaux. La date était un peu précoce mais c'était volontaire pour qu'il n'y ait pas encore trop d'oiseaux chanteurs, ce qui aurait constitué un handicap à l'identification.
Le contrat a été rempli car nous n'avons contacté que 12 espèces de passereaux chanteurs sur la trentaine d'espèces observées, ce qui constitue néanmoins un nombre appréciable pour des novices... Les participants ont donc eu le loisir de mémoriser les chants et les cris de la Fauvette à tête noire, du Pouillot véloce et autre Troglodyte!
Pour ce faire, nous avons fait le tour del'étang de l'Oumois, dont les rives sont bordées d'arbres et d'arbustes propices aux observations tant visuelles qu'accoustiques...
Mais le clou des observations n'a pas été le Martin-pêcheur posté sur l'autre rive ou l'Élanion blanc repéré par quelques uns mais bien ce Campagnol roussâtre qui s'est laissé admirer un bon moment, tantôt montrant sa jolie frimousse dans l'échancrure d'une souche, tantôt déambulant en confiance alentour, le tout à une dizaine de mètres d'un public conquis!
Alain Gérard
Photo: Alain Gérard