vendredi 8 mai 2020

Compte rendu de la sortie en nord Deux-Sèvres, le 23 février 2020

7 personnes présentes (Alain, Catherine, Cathy, Didier, Frédérique, Lucas, Jean-Michel)

Le temps était mitigé : gris, frais, venteux et humide mais sans pluie. Le matin, nous sommes d'abord allés observer le couple de Faucon pèlerin de la carrière de Laubreçais. Un individu posé a été longuement observé ainsi que deux couples de Faucon crécerelle. Les deux espèces cohabitent dans la paroi de la falaise qui se trouve en face de l'observatoire aménagé pour la découverte de l'activité de la carrière mais aussi l'observation des oiseaux...

Observation du Faucon pèlerin - Falco peregrinus -
sur la carrière de Laubreçais / Clessé
(Photo : Lucas Roger)

Ensuite, direction l'observatoire du Cébron, vaste plan d'eau artificiel équivalent au Verdon pour la superficie mais en grande partie inaccessible, en raison de son classement en zone naturelle protégée, ce qui assure une grande quiétude pour les oiseaux d'eau, en particulier la héronnière mixte... Nous avons observé plusieurs goélands leucophées et sans doute un pontique mais l'oiseau était trop loin et mal éclairé. Il aurait fallu un spécialiste pour trancher...

Après le casse-croûte de midi, nous nous sommes dirigés vers un site à Élanion blanc vers le sud du lac. L'oiseau était sans doute en pleine sieste digestive et ne s'est montré que furtivement, délogé de son arbre par deux corneilles... Chez l'élanion, la sieste c'est sacré et c'est 14 h-16 h, qu'on se le dise ! Alors, merci les corneilles !
Heureusement, la zone qui surplombe le lac est constituée de grandes cultures (mais l'été) pas très belles mais sympa pour l'Oedicnème criard. Eux, ont bien voulu se montrer, tantôt en piétant, rabaissant la tête pour jouer les ni vus ni connus, tantôt nous faisant profiter de vols rasants... Pas de cris cependant !

Ensuite, nous sommes remontés vers le nord-est pour découvrir le premier site où le Faucon pèlerin a élu domicile en Deux-Sèvres (2008) et où il a niché sans discontinuer jusqu'à 2018. Depuis, le couple a disparu mystérieusement... Il s'agit d'un poste de transformation électrique, très moche, dans la plaine agricole, mais qui a plu au pèlerin. Il nichait dans les angles renforcés des portiques, avec crécerelles, choucas, pigeons ramiers. Tout ce beau monde se côtoyait sans problème, le pèlerin allant chasser beaucoup plus loin...

Enfin, arrêt à la frontière avec la Vienne, sur la commune d'Assais-Les Jumeaux, pour tenter d'apercevoir une Pie-grièche méridionale, hivernante depuis quelques années et qui occupe une haie, toujours la même. Cette année, elle a été vue en décembre 2019, janvier, début février 2020. Malheureusement pour nous, pas de Pie-grièche mais des lièvres et des chevreuils, en veux-tu, en voilà... Il faut dire que l'individu est très farouche et se cache à l'arrivée des voitures d'ornithos ! Voici le commentaire de Christophe Lartigau, chargé de mission au GODS, secteur thouarsais : «  a priori le même individu tjs très farouche - se cache au milieu des buissons à l'approche de véhicules - pour bien l'observer, rester sur le chemin du haut et se garer au carrefour, attendre et la chercher depuis la voiture - se cache dès que l'on sort - bon courage pour ceux veulent la voir ! » Même invisible pour nous, l'oiseau était toujours là puisqu'il a été revu plusieurs fois à cet endroit, jusqu'au 13 mars, juste avant le confinement...

En tout 54 espèces d'oiseaux ont été contactées. Pas si mal ! Alors, rendez-vous l'année prochaine ?


Liste des espèces d'oiseaux observés :
Cygne tuberculéŒdicnème criardTarier pâtre
Canard siffleurVanneau huppéGrive musicienne
Canard colvertBécassine des maraisMésange à longue queue
Sarcelle d'hiverMouette rieuseMésange bleue
Canard souchetMouette mélanocéphaleMésange charbonnière
Fuligule milouinGoéland brunGrimpereau des jardins
Perdrix rougeGoéland leucophéeGeai des chênes
Grèbe huppéPigeon biset (domestique)Pie bavarde
Grand CormoranPigeon ramierChoucas des tours
Héron garde-bœufsTourterelle turqueCorneille noire
Héron cendréPic épeicheÉtourneau sansonnet
Grande AigretteAlouette luluVerdier d'Europe
Elanion blancAlouette des champsChardonneret élégant
Busard Saint-MartinPipit farlouseLinotte mélodieuse
Buse variableBergeronnette griseTarin des aulnes
Faucon crécerelleTroglodyte mignonBruant zizi
Faucon pèlerinAccenteur mouchetBruant proyer
Foulque macrouleRougegorge familier

Alain G.

samedi 4 avril 2020

Petite chronique naturaliste en temps de confinement.

   D’habitude, au début du printemps, les naturalistes battent la campagne. Chacun ses lieux, ses sites de prédilection, ses espèces fétiches. A voir arriver les premiers circaètes sur leurs fiefs, à voir apparaître et entendre chanter les premières huppes et les premiers coucous, à surprendre le stationnement d’un Traquet motteux en escale, tout cela rend la période un peu excitante. Dans les forêts où s’épanouissent des tapis d’anémones, le concert affairé des oiseaux est en route et, dans les fossés, les constellations de ficaires, de coucous, de pulmonaires et les rosettes des premiers Orchis mâles réjouissent les yeux.

   Aujourd’hui, hélas, il a fallu mettre entre parenthèses nos envies folles de campagne, nos désirs d’étangs, de prairies, de forêts, de bocages. Un méchant petit virus fait aujourd’hui la loi et nous condamne à nous calfeutrer, à nous recroqueviller dans l’espace un peu étroit de notre chez nous. Côté nature, que faire sinon faire avec !
   Chanceux celles et ceux dont les maisons tutoient la Loire. Heureux celles et ceux habitant la lisière d’un bois ou bien dont les demeures côtoient les champs et les prés.

Primevères acaules - Primula vulgaris -
(Photo : Jean-Michel Logeais)

   Pour moi, depuis plusieurs semaines, mon jardin, ses alentours immédiats et le ciel par-dessus les toits sont devenus mon seul horizon naturaliste. Un peu délaissé d’ordinaire au profit de plus larges et de plus lointaines perspectives, ce canton exigu est devenu, confinement oblige, l’objet de mes attentions et de mes observations.

   Jardin de faubourg plutôt que de ville, il accueille sans façon – et avec la complicité de ses propriétaires – nombre de végétaux sauvages qui lui confèrent un petit air campagnard. Ici, pas de pelouse mais plutôt une prairie. Y prospèrent, outre l’ordinaire des Renoncules ficaires, des Primevères acaules, des Pâquerettes vivaces et des Stellaires holostées, quelques pulmonaires officinales, de la Petite pervenche ainsi qu’une tribu un peu envahissante de Jacinthes des bois. Plus rares, quelques Primevères officinales, ici et là, quelques Cardamines des prés, des Saxifrages granolifères, et quelques Fritillaires pintades. Dans le huis-clos de ce jardin un tantinet champêtre, que surplombe notamment un vieux tilleul, bien d’autres herbes restent encore à nommer ou simplement à découvrir.

Stellaires holostées - Stellaria holostea -
(Photo : Jean-Michel Logeais)
Primevères officinales - Primula veris -
(Photo : Jean-Michel Logeais)

   Côté insectes, beaucoup reste à faire et à identifier. J’observe déjà des cohortes de Gendarmes Pyrrhocoris apterus et ai déjà repéré le beau rouge d’un Criocère du Lis Lilioceris lilii. Des abeilles – mais de quelle espèce ? – viennent notamment butiner les fleurs d’un vieux poirier. Les papillons ne sont pas en reste : plusieurs fois un Azuré sp. , un Citron, des Piérides.
   Seul représentant ici des reptiles, le Lézard des murailles. Aux heures chaudes de la journée, quelques individus prennent le soleil sur les pierres chaudes d’un vieux mur.

Lézard des murailles ♂ - Podarcis muralis -
(Photo : Lucas Roger)

   Les oiseaux, qui se fichent du confinement comme de leur première rémige, animent chaque jour le jardin. Comme en témoigne au quotidien Faune-Anjou, leur liste ne change guère de celle des jardins ordinaires des autres confinés : merle, rouge-gorge, mésanges bleus et charbonnières, verdiers, rouge-queues, etc.

Rougequeue noir - Phoenicurus ochruros -
(Photo : Lucas Roger)

   Devenu par force sédentaire, j’observe leurs activités. Sur les cheminées des maisons mitoyennes, des couples de Choucas des tours s’affairent et bavardent, apportant régulièrement au nid des branchettes. Dans une fissure du mur de façade, un couple de Moineaux domestiques a trouvé son bonheur. Les oiseaux viennent souvent cueillir au sol mousse et herbe sèche pour en garnir leur nid. Une Fauvette à tête noire, bien cachée, commence à chanter timidement, comme s’il fallait qu’elle s’entraîne un peu avant de se lâcher complètement.
   Dommage qu’un ciel trop bleu rende plus difficile le repérage des oiseaux de passage. Un matin pourtant, depuis l’étage, je surprends, à contrejour, des petits groupes de fringilles remontant vers le nord. Une autre fois, occupé à jardiner, des miaulements me font lever la tête : deux Buses variables tournent en criant au dessus de la maison. A quand, les glissades et les piqués des premiers Martinets noirs dans le ciel de Cholet ?

   Même s’il nous faut rester chez nous, un coin de ciel, un jardin, quelques arbres, un vieux mur sont autant d’occasions à saisir pour satisfaire notre curiosité à l’égard du monde sauvage. Même dans la banalité de notre environnement immédiat, reste toujours quelque chose à découvrir.

Jean-Michel Logeais

dimanche 29 mars 2020

Cholet : installation d'un nichoir à Effraie

Installation du nichoir - Quartier Val de Moine / Cholet
©villedecholet

Sur les conseils d'un salarié de la LPO Anjou, ancien élève de l'établissement, il est envisagé d'ouvrir les combles du lycée Renaudeau aux chiroptères et rapaces nocturnes dans le cadre de sa labellisation refuge LPO. Guidée par le responsable du refuge Jean-Michel Tricoire, la fabrication d'un nichoir à Effraie des clochers débute en avril 2019 à l'occasion des journées "lycée ouvert" organisées pendant les vacances de Pâques. Nous sommes 3 éco-délégués, équipés d'outils insuffisants et peu expérimentés à nous lancer dans une découpe imparfaite des planches. Mon père, davantage bricoleur et mieux équipé, se propose de refaire la découpe et achève l'assemblage début mai. Malheureusement, un agent du lycée nous informera fin juin que l'ouverture des combles expose les systèmes d'aération à un risque de dysfonctionnement si des oiseaux venaient s'y coincer. En fin d'année, nous proposons au service des espaces verts de Cholet de recycler le nichoir en l'installant dans un bâtiment municipal. Une grange du quartier Val de Moine est désignée comme étant la plus propice à l'installation et la quiétude de l'espèce. En suivant les recommandations des bénévoles, l'installation du nichoir par le service des espaces verts a eu lieu fin février.

Installation du nichoir - Quartier Val de Moine / Cholet
©villedecholet

Merci aux éco-délégués du lycée Renaudeau-La Mode, aux bénévoles du groupe et à la direction des Parcs, des Jardins et du Paysage pour leur investissement !

Lucas Roger



CholetMag n°336 - mars 2020
©villedecholet


lundi 16 mars 2020

Fin d’hiver. Les pics font leur show.

Sortie pics - Forêt de Vezins / Yzernay
(Photo : Bernadette Delaunay)

Plutôt discrets le reste de l’année, les pics attendent la fin de l’hiver pour faire leur show. Quelques semaines durant, bois et forêts résonnent du concert de leurs tambourinages. C’est vrai surtout pour le Pic noir, le Pic épeiche et le Pic épeichette. Plus ou moins longs et rapides selon l’espèce, ces percussions servent marquer les frontières de son chez soi. Certaines espèces de pics en revanche ne tambourinent pas ou très peu. Le Pic mar préfère signaler sa présence par tout un répertoire de cris. Le Pic noir, lui, fait feu de tout bois : des cris en nombre mais aussi, sur un tronc, de puissants coups de bec sonnant comme des rafales.
Fréquenter la forêt à cette période de l’année est l’occasion, non seulement d’assister à ce festival de percussions, mais aussi de pouvoir apercevoir les instrumentistes, la forêt encore nue nous offrant alors ses meilleures perspectives.

Sortie pics - Forêt de Vezins / Yzernay
(Photos : Bernadette Delaunay (1) et Catherine Lechevallier (2))

Mauvaise pioche, hélas ! ce samedi matin de mi-mars pour les huit personnes venues en forêt de Vezins pour entendre et surprendre des pics. Leur enthousiasme est vite douché, deux heures durant, par des ondées insistantes et condamnant au mutisme pics et autres oiseaux. Dans les trop rares parenthèses entre deux averses, nous pouvons néanmoins repérer, outre les bavardages des Sittelles torchepot, les rengaines des Pouillots véloces, des mésanges charbonnières et des pinsons des arbres, le bref tambourinage d’un Pic épeiche et même, au loin, les cris d’un Autour des palombes.
Passé la pluie, reste un peu de temps pour déambuler sur une route bordée çà et là de vieux hêtres. Sur certains, la bouche d’ombre ovale de quelques loges de Pic noir. Non loin, un autre Pic épeiche laisse entendre son bref roulement de caisse claire, puis quatre Geais des chênes en goguette nous surprennent par leurs cris pour le moins inhabituels.

Comportements territoriaux de Foulques macroules - Fulica atra -
Étang de Péronne / Chanteloup-les-Bois
(Photo : Katia Baudouin)


Nous étions venus pour les pics. La pluie aura changé la donne. Au final, peu de pics, mais d’autres espèces contactées. Vingt-cinq en tout au gré de nos déambulations. Un peu de déception sans doute mais aussi le plaisir de partager ces quelques heures ensemble en profitant du spectacle de la forêt.

Jean-Michel Logeais

mardi 25 février 2020

Hiver 2020 : Bilan des permanences au lac du Verdon

Cet hiver, 120 visiteurs ont été sensibilisés à l’occasion des 8 permanences assurées par 16 bénévoles du groupe.

Observatoire du Verdon / La Tessoualle
(Photo : Bernadette Delaunay)


En dépit de leur couverture médiatique, les permanences 2020 ont été assez peu fréquentées. Les pluies répétées et les vents forts expliquent en partie cette timide affluence du public. Habitués et débutants ont toutefois pu être sensibilisés à l’importance du site au travers de nombreux échanges. Du côté des oiseaux hivernants, le bilan est également mitigé. La forte pluviosité de l’automne a permis de maintenir des niveaux d’eau satisfaisants, mais les températures douces de l’hiver n’ont pas fait descendre beaucoup d’oiseaux du nord de l’Europe. En outre, la fermeture progressive des bords du lac impacte l’attractivité du site. Autrefois propice aux stationnements d’oiseaux brouteurs (Foulques macroules, Canards siffleurs), la végétation rase des berges est peu à peu comblée par une végétation plus fournie, faute d’entretien raisonné.

Merci à tous les bénévoles du groupe pour leur investissement chaque dimanche !

Lucas Roger

jeudi 6 février 2020

Comptage 2020 des chauves-souris à Cuon

Comme chaque année à la même époque, deux week-end étaient consacrés au comptage des chauves-souris en hivernage dans différentes cavités du département. Après le sud Loire les 25 et 26 janvier, c'était au tour du Baugeois les 1 et 2 février. Nous étions de 4 personnes ce dimanche pour compter un complexe de cavités Natura 2000 à Cuon.
Après une baisse significative en 2018 (total 609) puis une remonté en 2019 (799), l'année 2020 est encore en baisse avec un total de 505. Comme pour les années précédentes, c'est le chiffre des Murin à oreilles échancrées qui influx majoritairement sur ce total. Les Grand Rhinolophe restent à un niveau du début des années 2000 et les Petits Rhinolophe baissent significativement.
Difficile d'expliquer ces fluctuations, la douceur est probablement en cause et des reports sur d'autres cavités inconnues sont aussi possible, les sites non prospectés étant nombreux sur le secteur.



Espèces201820192020
Grand Rhinolophe449873
Petit Rhinolophe455315
Grand Murin7511
Sérotine312
Barbastelle234
Oreillard SP
1
Murin de Daubenton596
Murin à moustaches312127
Murin à oreilles échancrées463602356
Murin de Beshtein11
Murin de Natterer5
Pipistrelle SP34
Chauve-souris SP615
Total609799505

Les courbes ci-dessous montrent les évolutions sur 30 ans de comptage. Les 1er comptages n'étaient pas forcément exhaustifs, nous avons depuis beaucoup progressé dans la connaissance de la topographie de l'ensemble des cavités du site.
Cliquez sur les images des courbes pour les visualisez à plus grande échelle.

Évolution du total et des 2 espèces principales



Évolution des 4 espèces moyennement représentées


Évolution des 5 taxons en petit nombre

   

jeudi 2 janvier 2020

Pluviométrie 2019

Avec un total de 832mm, 2019, sans égaler 2018 est une année pluvieuse mais contrastée. Avec janvier et février faibles, puis 4 mois dans la moyenne, juillet très sec suivi de aout et septembre légèrement plus faible que la moyenne et novembre et décembre qui ont battus des records.

Cette année, ce sont encore 5 bénévoles qui ont collectés les données, 4 à Cholet et 1 à Nuaillé. On constate quelques différences d'un mois à l'autre mais, globalement, les chiffres se ressemblent.

Sur les 11 dernières années, 2018 et 2019 sont clairement les plus arrosées suivies de 2014, nettement plus que 2010 ou 2017. Sur cette période, on passe de 558mm en 2010 à 947mm en 2018, soit près du double. La moyenne de référence 1951-1980 avec 742mm (article Wikipédia sur le climat en Maine-et-Loire) est très légèrement supérieure à celle de 2009-2019 avec 731 mais avec encore une année semblable et nous seront au niveau de cette moyenne.


Sur les mêmes périodes temporelles en moyennes mensuelles cette fois, on constate toujours un déficit marqué les mois d'aout, septembre et octobre et un accroissement net en novembre, décembre et janvier.