samedi 1 décembre 2018

Chacun apporte ses photos ...


Seize personnes se sont déplacées pour cette ultime réunion de l’année. Quelques infos pour commencer sans oublier les affaires courantes, notamment se compter en vue du prochain recensement laridés.
On rentre ensuite dans le vif du sujet : des photos apportées par les uns et les autres. Avec les photos d’insectes proposées par Didier, tout le monde profite de l’expertise de Yann, notre maître en entomologie.
Benjamin nous fait découvrir quant à lui les résultats des pièges photos installés sous deux passages d’autoroute, à proximité de Cholet. Défilent comme à la parade un lérot remuant et acrobate, une fouine évidemment curieuse, quelques ragondins voyageurs, un renard surpris, un lièvre et j’en passe. Les automobilistes pressés, grands dévoreurs d’asphalte, soupçonnent-ils un seul instant qu’ils frôlent une telle diversité de mammifères sauvages ?
Souvenirs, souvenirs ! C’était en mai, sept mois déjà ! Quelques uns parmi nous exploraient les richesses naturelles du nord de l’Espagne. Catherine, Jean-Do, Lucas, Katia nous en proposent tour à tour les images. Ici un Aigle botté, là un Vautour fauve ou encore un Traquet oreillard. Paysages et espèces défilent, prétexte à refaire le voyage. Les quelques photos d’orchidées ramenées du séjour n’ont pas échappé à l’œil exercé d’Eric, notre spécialiste. Il a tôt fait de pointer le détail, forcément subtil, permettant de mettre un nom sur l’espèce ou la sous-espèce.
Une soirée comme on les aime où l’on met en commun nos passions naturalistes.

Jean-Michel LOGEAIS

dimanche 14 octobre 2018

Rendez-vous automnal avec les migrateurs

La météo s’annonçait mal, risquant de compromettre cette sortie consacrée à la migration. Finalement il n’en est rien et nous nous retrouvons à huit ce dimanche matin sur la modeste « Crête du Bois des hauts », prêts à en découdre avec les oiseaux de passage.
Le vent souffle depuis le sud-est, tiède mais bien soutenu. Il n’empêche pas néanmoins les oiseaux de passer, même s’il chahute l’ordonnancement de leur vol groupé et les contraint parfois à raser le sol pour faciliter leur avancée. Leur flux est plutôt régulier bien qu’assez peu fourni. Bergeronnettes grises, Alouettes des champs, Pipits farlouses, Pinsons des arbres et Linottes mélodieuses constituent l’essentiel du contingent des migrateurs de la matinée. Cet exode automnal d’oiseaux « classiques » réserve parfois quelques surprises, comme ce Faucon émerillon qui vient nous survoler trop brièvement.
La matinée est aussi l’occasion d’observer des espèces en pause entre deux étapes de leur voyage comme ces deux Traquets motteux perchés sur des piquets. En revanche, autour des haies et des buissons, habituellement bien fréquentés à cette époque par le cortège des migrateurs « rampants » (rouges-gorges, pouillots, roitelets…) rien à se mettre dans les jumelles. Probablement à cause du vent contraignant les oiseaux à rester à l’abri de la végétation. Reste le plaisir d’admirer l’avifaune locale : Alouette lulu, Bruant zizi, Faucon crécerelle… espèces ici bien représentées.
Le spectacle des oiseaux migrateurs est toujours source d’émotions. A pouvoir surprendre, ne serait-ce que quelques instants, une toute petite part de cette gigantesque transhumance automnale qui traverse l’Europe, c’est un peu comme si nous avions l’impression de faire partie du voyage. Il suffit parfois de bien peu, lever la tête, scruter le ciel matinal, pour apercevoir une part de l’incomparable spectacle des oiseaux migrateurs.

Jean-Michel LOGEAIS

lundi 17 septembre 2018

Pique-nique de rentrée

Ce samedi 15 septembre, rendez-vous a été fixé au lac du Verdon. Neuf personnes ont répondu à l’appel. D’abord, une sortie matinale apéritive avec au programme les limicoles. De ce côté les choses se révèlent plutôt tranquilles : une Avocette élégante, des Vanneaux huppés, des Chevaliers guignettes et culblanc, pas mieux. Les limicoles ne sont en réalité qu’un prétexte, celui de se retrouver et d’échanger, mais aussi de flâner entre le barrage et le marigot de la Pluchère. Une belle surprise toutefois avec, à quelques mètres de nous, ces quatre Cisticoles des joncs un temps en suspens en l’air au dessus de leur carré d’herbes favorites. Une famille probablement. Nous nous régalons. Dans le ciel, quelques hirondelles pressées. Sur l’eau, quelques Sarcelles d’hiver et autres Canards souchets. Sur la rive, les habituels Grands cormorans, les désormais incontournables Hérons gardeboeufs et quelques laridés. Côté marigot, une escouade de Grèbes castagneux, quelques sarcelles, des gallinules et, vers le fond, un pauvre sanglier tout amoché qui avance en boitant sur la vase.

Grand Cormoran Phalacrocorax carbo -, Héron cendré Ardea cinerea -,
Foulques macroules Fulica atra -, Canards colverts Anas platyrhynchos -
et Mouettes rieuses - Chroicocephalus ridibundus -
au bord du lac - Barrage du Verdon / La Tessoualle

A midi, retour à l’observatoire. On tire les bancs dehors à la limite du soleil et de l’ombre d’un vieux chêne et les victuailles des sacs. On n’oublie pas non plus de se nourrir de bavardages, d’idées, de projets ; mine de rien, dans cette belle lumière d’un été qui s’attarde on se prépare déjà à l’année prochaine.

Pique-nique à l'observatoire - Lac du Verdon / La Tessoualle


J.M. Logeais

dimanche 22 juillet 2018

Entomologie : travaux pratiques

Après l’initiation par images – c’était à la mi-juin, à l’occasion d’une réunion - voici venu le temps des travaux pratiques. Par une chaude après-midi de juillet, nous nous retrouvons à quatre au bord de l’étang de la Thévinière (Gesté) pour apprendre, sur le terrain, à reconnaître quelques insectes. Yann, notre professeur du moment, sort son équipement : parapluie japonais, filet de capture, boite à insectes…

La végétation riveraine est le territoire des libellules, posées, en vol, en train de pondre : Calopteryx éclatant, Orthretum réticulé, Agrion porte-coupe, Agrion élégant, Libellule écarlate, Onychogomphe à pinces, Leste vert… la liste s’allonge au gré des captures et des observations.

Onychogomphe à pinces - Onychogomphus forcipatus - Étang de la Thévinière / Gesté
(Photo : Didier Ferrand)

Il suffit de laisser traîner le filet dans les herbes pour entrevoir un autre monde, celui des Orthoptères : des sauterelles (Leptophyes punctatissima, Conocephalus dorsalis ou conicus ?, Meconema meridionale) et des criquets (Corthippus albomarginatus).

Méconème fragile - Meconema meridionale - Étang de la Thévinière / Gesté
(Photo : Didier Ferrand)

Même chose avec le parapluie japonais. Il suffit de secouer des feuillages pour que se retrouvent, sur la toile blanche, une légion d’insectes : Charançons (Cassida sp.), Tachinaires, Punaises (Dolycoris baccatum, Heterotoma meriopterum), Staphylins…


- Paederus riparius (Staphylin) - Étang de la Thévinière / Gesté
(Photo : Didier Ferrand)

Tant de noms, de formes, de couleurs, de détails significatifs commencent à tourner la tête des débutants que nous sommes. L’entomologie ne serait-elle pas un puits sans fond ? Même Yann, maîtrisant pourtant bien son sujet, n’est pas loin de le penser.
Un grand merci à lui pour sa patience, ses connaissances, son envie de faire partager sa passion pour un univers, celui des insectes, qui, plus que tout autre, donne tout son sens à la notion de biodiversité.

Jean-Michel LOGEAIS

mercredi 20 juin 2018

14 juin 2018 Réunion : initiation à l’entomologie

10 personnes présentes pour ce « cours préparatoire » à une sortie à venir. Yann et Michel, reconvertis le temps d’une soirée en docteurs des insectes. Il s’agit de faire découvrir aux néophytes que nous sommes un peu de cette galaxie pleine de chiffres à donner le vertige et d’une ribambelle de noms poétiques et scientifiques à la fois : demoiselles, mantes, punaises, cicadelles, fourmillons, ascalaphes, azurés, zygènes et autres pompiles.
A coup de schémas et de photos – superbes pour certaines – on découvre tout ce qui reste à connaître, soit presque tout, de ce monde tellement riche des insectes.

Mouche scorpion ind. - Panorpa sp. - Étang de la Godinière / Cholet
(Photo : Didier Ferrand)

JML

lundi 11 juin 2018

Sortie à la héronnière du lac de Maine

Nous étions trois membres du groupe à nous rendre au lac de Maine samedi 09 juin. Arrivés à 10:00, nous avons rejoint le chemin de halage séparant la Maine du Lac. La héronnière est installée sur deux saulaies inondées visibles facilement depuis le chemin. Aigrettes garzettesBihoreaux grisSpatules blanchesHérons cendrés et garde-bœufs nichent ensembles, ainsi que Grands Cormorans, Foulques macroules et Grèbes huppés. L'activité est importante pendant cette période de l'année car les adultes nourrissent leurs jeunes. 

héronnière - Petite Saulaie (lac de Maine) / Angers
(Photo : Catherine Lechevallier)

Nos explications sur les oiseaux ont pu satisfaire la curiosité de touristes allemands et autrichiens. Ce fut une agréable matinée dans un cadre dépaysant, pourtant si proche du centre-ville.

Spatule blanche - Platalea leucorodia - Grande Saulaie (lac de Maine) / Angers
(Photo : Catherine Lechevallier)

LR

mercredi 16 mai 2018

Escapade au pays des Mallos

Par delà les Pyrénées, à une soixantaine de kilomètres à vol de vautour au sud du Somport, existe un pays de cocagne pour naturalistes en mal de nouveauté ou simplement travaillés par quelques désirs de Sud. Un triangle, en gros, dont les localités de Loarre, d’Ayerbe et d’Agüero tiendraient lieu de sommets. Le climat méditerranéen y pousse encore jusque là sa chaleur et ses marques : oliviers, amandiers, garrigues tapissées de genêts épineux, de genévriers et fleurant bon le thym et le romarin. Comparé à la France où agriculture intensive et urbanisation conjuguent trop souvent leurs entreprises pour mettre à mal et réduire au minimum friches et espaces inexploitables, L’Espagne recèle en revanche encore beaucoup de ces espaces incultes où foisonne à l’envi la vie sauvage.
Du 7 au 10 mai, huit naturalistes du groupe LPO Mauges ont eu la chance de parcourir ce petit coin de paradis et d’en ramener une moisson d’observations et d’ambiances.

Paysage typique de la plaine de Huesca

Autour de la gare de Riglos.

Sur de faibles pentes exposées SSO, une mosaïque de milieux (vergers d’amandiers, petites pinèdes, cultures, garrigues…) est l’occasion pour le groupe d’observer une belle diversité de passereaux : Guêpier d’Europe, Torcol fourmilier, Fauvettes mélanocéphale et passerinette, Hypolaïs polyglotte, Pouillot de Bonelli, Pie grièche à tête rousse (un couple en phase d’installation), Moineau soulcie et, plus inattendu, ce Gobemouche noir dans sa livrée nuptiale noire et blanche. Cochevis huppé, Rossignol philomèle, Linotte mélodieuse, Serin cini et Bruant proyer font ici partie des espèces communes, contactées tout au long de nos diverses sorties.


Pie-grièche à tête rousse - Lanius senator
Bruant proyer  - Emberiza calandra -

Les Mallos de Riglos.

Culminant à environ 1000 mètres, leurs trois cents mètres de falaises de conglomérats retravaillés par des millions d’année d’érosion font ressembler le paysage à un décor de western. C’est le domaine des oiseaux rupicoles : Vautour fauve, Percnoptère d’Egypte, Faucon pèlerin, Martinets à ventre blanc, Hirondelles de rocher, Monticole bleu, Grand corbeau et Crave à bec rouge. Au pied des falaises, une garrigue fournie accueille diverses fauvettes dont la Fauvette pitchou. La fascination qu’exerce sur les observateurs l’envol matinal des vautours et d’un couple de percnoptères ne les empêche pas d’apprécier l’irruption d’un Aigle botté en phase claire (l’espèce sera souvent vue pendant le séjour), la glissade élégante d’un Milan royal (omniprésent), la silhouette élancée de deux Bondrées apivores. Au retour, non loin du village, un chant gracieux et peu familier retient notre attention. L’oiseau, d’abord caché, vient se percher un instant en évidence : un magnifique mâle de Fauvette orphée.


Aigle botté - Hieraaetus pennatus - sous la forme claire
et Hirondelle de rochers - Ptyonoprogne rupestris -
Fauvette pitchou - Sylvia undata -

Le mirador de los buitres.

Face aux Mallos, s’étire un long plateau à l’extrémité duquel on trouve un modeste observatoire. De là, la vue plonge directement sur les vires où nichent les vautours et où les jeunes, encore non volants, sont présents. C’est l’occasion d’admirer de plus près, en dessous de nous et à notre hauteur, le vol majestueux et maîtrisé de ces oiseaux impressionnants allant et venant dans ce cirque aux parois vertigineuses. Admirables aussi ces plongeons et ces ressources fulgurantes des Martinets à ventre blanc. De temps à autre nous apercevons, transitant vers le nord, des petits groupes de Bondrées apivores. De ces hauteurs, le paysage vers le sud est sublime : la plaine de Huesca ponctuée de petites mesas et de buttes témoin. Et très loin vers le sud-ouest, émergeant de la brume, les hauteurs enneigées de la sierra de Moncayo, porte d’entrée de la Castille. De part et d’autre de la longue piste menant du castillo de Marcuello au mirador, s’étale une garrigue fleurie où le jaune des genets épineux se marie au parme clair des romarins et des thyms. Des yeux experts y repèrent aussi, outre des tulipes sauvages à peine écloses (Tulipe méridionale ?), des narcisses nains (Narcissus rupicola ?) et des fritillaires (Fritillaria hispanica). C’est aussi l’occasion d’observer Tarier pâtre, Fauvette pitchou et Bruant fou. Là où la végétation est moins dense, se laisse admirer un très probable Cochevis de Thékla (on sait à quel point l’identification de l’espèce est délicate !) et un Pipit rousseline. Un peu plus bas, par deux fois, le cocktail rutilant de bleu, de rouge, de blanc et de brun sombre d’un mâle de Monticole de roche fait le spectacle.


Los Mallos de Riglos depuis le mirador de los buitres
Vautour fauve - Gyps fulvus -

Mallos de Agüero.

A l’ouest de Riglos, au-delà du Gallego et dominant un petit village blanc, s’élèvent de « petits mallos » aux allures de forteresse, avec ses tours, ses remparts et ses contreforts. Un chemin sinuant entre les buis et les genévriers en fait le tour, permettant d’observer à loisir les oiseaux qui s’élancent des falaises ou bien y reviennent s’y poser. Tout le monde attend le Gypaète barbu. Il est par chance au rendez-vous. D’abord un individu immature au plumage encore bien sombre. Deux adultes ensuite, et leur silhouette si caractéristique de faucon géant traversant le ciel d’un vol tranquille avant de disparaître, avalée par une crête. Sur la fin de notre boucle un mâle de Fauvette mélanocéphale (espèce omniprésente) vient arborer un instant au sommet d’un arbuste son casque noir et sa gorge claire. Plus loin, la flûte élégante d’un Monticole bleu résonne dans la paroi toute proche. A la faveur de ses déplacements, il est enfin localisé et son plumage bleu acier dûment admiré. A proximité, un essaim d’hirondelles s’active : des Hirondelles de fenêtre et des Hirondelles de rocher mêlent leurs cris à proximité des nids accrochés dans les creux abrités des falaises.

Gypaètes barbus - Gypaetus barbatus -
Los Mallos de Agüero

Les à-côtés.

Une sortie naturaliste ne serait rien sans les à-côtés. Je veux parler de tous ces arrêts, à l’occasion de nos déplacements conduisant à tel ou tel site. Quelques exemples. A quelques encablures de notre gîte (un palace !), jouxtant une zone industrielle désertée, ces quelques hectares de friches aux allures steppiques et d’où s’élance en chantant une Alouette calandrelle, et s’activent Cochevis huppés et Traquet oreillard. C’est de là aussi que nous apercevons, allant vers le nord, un Balbuzard pêcheur. Ou bien encore ce « Barranco », en contrebas de notre gîte où nous observons longuement, dans les derniers rayons du soleil, l’ocre et le noir d’un superbe Traquet oreillard, la silhouette élancée d’un Pipit rousseline, sans parler des infatigables allées et venues d’une troupe bavarde de Guêpiers d’Europe.
Sur la route du retour, il y a aussi cette petite roselière où chante une Rousserolle turdoïde. A Puente la Reina, sur le Rio Aragon, cet îlot de galets où niche un couple de Petits gravelots. Enfin, avant le Somport, ces pelouses montagnardes, fraîchement fleuries, où vient d’arriver un Pipit spioncelle et, sur les arbustes des pentes, un couple de Pies-grièches écorcheurs. Deux Venturons montagnards, observés brièvement au col, viendront mettre un point final à nos observations.


Arrêt à proximité de l'Embalse de las Navas
Traquet oreillard - Oenanthe hispanica -

Difficile de ne pas oublier ces journées intenses, chaleureuses, conviviales et remarquablement servies par une météo agréable. 96 espèces d’oiseaux dont 15 de rapaces (pour certaines et certains le compteur à coches a dû prendre un sérieux coup de chaud !), des fleurs en nombre dont pas mal d’orchidées (Ophrys miroir et bécasse notamment), et, en vrac, des écrevisses, des papillons, des isards, des tarentes (Tarentola mauritanica)… je dois forcément en oublier.

Merci encore à Catherine, à Frédérique, à Katia, à Hugues, à Jean-Do, à Lucas et à Vincent, à leur bonne humeur et à leur enthousiasme, à leurs compétences photographiques, logistiques, culinaires, botaniques, géologiques, etc. etc., toutes choses ayant contribué à la belle réussite de cette escapade aragonaise.


Jean-Michel LOGEAIS

vendredi 4 mai 2018

SORTIE bryophytes / « mousses »...14.4.18..... Etang des Noues, Cholet


A 14h nous sommes 5 au rendez-vous. Accueillis par quelques gouttes de pluie (heureusement cela ne durera pas), nous partons sur les chemins forestiers autour de l'étang, loupe à la main,...
  1. Les Bryophytes ? Qézaco ?
Les Bryophytes forment un groupe de végétaux comprenant les mousses au sens strict et les hépatiques (mousses s.s. + hépatiques = mousses s.l. )
les Mousses (s.s.) sont caractérisées par des tiges comportant des feuilles avec une ou plusieurs nervures. En outre l'urne à spores (servant à la reproduction possède souvent un opercule) . Vaste famille, puisqu'on compte environ 980 espèces en France.
Les Hépatiques sont des végétaux de port aplati (ressemblant à des petites algues marines) possédant des feuilles sans nervure ou un thalle (une lame verte plus ou moins ramifiée). La capsule renfermant les spores n'a pas d'opercule.Le groupe comprend environ 300 espèces en France.
Dans les Mauges, il y a actuellement environ 280 taxons recensés (mousses et hépatiques).
  1. Espèces observées
Bien que l'étude des Bryophytes nécessite souvent un matériel de laboratoire pour leur étude (microscope, préparation et coloration des échantillons), nous avons pu observer un certains nombre de taxons relativement faciles à identifier en sortie dont voici une liste non exhaustive, ainsi que quelques bons trucs de terrains :

- Atrichum undulatum : sorte de Polytric , mais avec feuilles ondulées transversalement ; quelques cm .
- Bryum capillare : une des plus courantes, feuilles contournées en spirale à sec, petite plante de 1 cm...
- Campylopus introflexus : une envahissante ; à sec , le poil qui termine la tige lui est presque perpendiculaire, quelques cm.
- Cryphaea heteromalla : sur écorces ; à sec , si on passe la main à rebrousse-poil , ça griffe/gratte .
- Dicranella heteromalla : voir Dicranum, sol humide; feuilles orientées du même côté font penser à un  petit  balai!, 1 cm (sorte de « petit » Dicranum ).
- Dicranum scoparium : quelques cm , sur humus, souches, feuilles ; feuilles recourbées et orientées du même côté lui conférant une allure de balai !!
- Eurynchium striatum : grande mousse , « ébouriffée »/mal peignée.., de gdes feuilles plissées longitudinalement
- Fontinalis antipyretica :aquatique d'eau courante , feuilles pliées en 2 , sur 3 axes le long de la tige.
- Homalothecium sericeum :doux au toucher (sericeum signifiant soyeux);sur écorces ; vert-jaune , allure « frisée ».
- Hypnum cupressiforme : une des plus courantes , cf. cupressus , feuilles à pointes orientées ds la même direction .
- Hypnum cupressiforme  var filiforme : peu différente de la précédente : feuille plus étroite , apex/pointe de cette feuille non incurvée
- Isothecium myosuroides : sur troncs, au sol..on y trouve plus ou moins une forme de petit arbre en écartant bien les brins.
- Kindbergia praelonga : très fine , aspect en « dentelle » , des feuilles caulinaires bien différentes des feuilles raméales ; très commune.
- Orthotricum sp. : pousse perpendiculairement à l'écorce (ortho signifiant droit); nombreuses espèces
- Orthotricum lyellii :cf ci-dessus, sur les feuilles il y a de nombreuses propagules/boutures brunes .
- Polytrichastrum formosum : LA mousse décrite dans nos livres de bio de 5è., allure typique qu'on se fait de la mousse : une tige , des feuilles , 5 à 10 cm de haut.
- Pseudosclepropodium purum : (très) localement surnommée la « pirogue » , une allure de petite fougère , de 10 à 25 cm de long.
- Sphagnum denticulatum : espèces de zones très humides : tourbières ; allure typique, rameaux groupés en faisceaux ; le sommet de la tige forme une sorte de « capitule »/capitulum » ; 5 cm et plus .
- Thuidium tamariscinum cf tamarix : très découpée , ramifiée , fine mais grande taille.
- Diplophyllum albicans : hépatique , sur argile nue , près de l'eau , feuilles dans un plan plus ou moins horizontal.
- Frullania dilatata : petite hépatique brune , plaquée sur écorces....fine , 1ère observation de la sortie; très courante .
- Metzgeria furcata : petite hépatique , thalle/filament vert de 1 à 2 mm de large , sur écorce.., ramification dichotomique.

Au cours de cette sortie il y a tout de même eu quelques absentes. Voici donc quelques espèces non observées , mais très courantes :
Lunularia cruciata : un large thalle , et des corbeilles à propagules/boutures en forme de croissant
Marchantia polymorpha : proche de l'espèce précédente avec un large thalle mais ici les corbeilles sont de forme arrondie .
Thamnobryum alopecurum :10cm.., petit « palmier » , plus net que pour Isothecium .
  1. Photo
  2. Pour aller plus loin
Des sites ..pour beaucoup d'autres photos....
Un livre ( français!) :
  • Mousses et Hépatiques de France (Ed Biotope , 25€ ; Hugonnot , Celle, Pépin )...pour débuter mais, environ 350 espèces seulement!

mardi 17 avril 2018

Sortie rapaces

Proverbe bien connu : avril pluvieux, ornitho grincheux. C’est peu de dire que la météo de ce dimanche matin n’est pas folichonne. Un temps à ne pas mettre un rapace dehors ! Au point qu’avant onze heures, on aurait pu titrer « Sortie » et, à onze heure trente « Sortie rapacE » au singulier.
Pas découragées pour autant, les quinze personnes présentes, n’osant pas même espérer l’éclaircie, entament un tour de l’étang de Péronne. Côté forêt les feuilles commencent tout juste à poindre. On entend quelques chants, modestes : Grive musicienne, Fauvette à tête noire, Pouillots véloces et fitis… Au loin la percussion sonore d’un Pic noir, plus près, le tambourinage d’un Pic épeichette. Sur l’étang, des Grèbes huppés paradent et des Hirondelles (les trois espèces) viennent cueillir des insectes au ras de l’eau. Dans les bois, le roucoulement d’une première Tourterelle des bois fraîchement arrivée d’Afrique.
Le groupe se déplace ensuite sur un point plus élevé, histoire de disposer d’une vue plus dégagée. Pas l’ombre d’un rapace à l’horizon. A onze heure trente, l’honneur est sauf. L’un de nous (merci Sylvain !) tient dans ses jumelles un mâle de Busard Saint Martin transportant une branchette et se hâtant vers son nid. Va-t-on en rester là ? L’heure avance, il nous faut quitter les lieux. Soudain, juste avant d’embarquer dans les voitures, là-bas, inespérée, une Buse variable.


Bilan : 36 espèces dont 2 rapaces. Cela ne fait pas lourd il est vrai pour une sortie qui leur était consacrée. Comme aiment à le répéter les sportifs, on essaiera de faire mieux une prochaine fois.




Grèbes huppés - Podiceps cristatus - en parade nuptiale - Étang de Péronne / Chanteloup-les-Bois
(Photo : Catherine Lechevallier)
JML

mardi 27 mars 2018

Parc Oriental et chants d’oiseaux, quatrième édition.

Aujourd’hui la météo se montre un peu chagrine et ne favorise guère le concert habituel des oiseaux. Finalement, peut-être n’est-ce pas si mal pour les vingt-deux personnes venues ce matin, dans le cadre somptueux du Parc Oriental, s’initier aux chants des oiseaux.
D’ordinaire en effet pour les débutants, la difficulté consiste à pouvoir isoler, au sein de la pagaille générale des chants, celui correspondant à telle ou telle espèce. Rien de tel aujourd’hui. Le doux roucoulement du Pigeon ramier n’est parasité par aucun voisin bruyant. Même chose, un peu plus loin, avec la phrase stéréotypée d’un Pinson des arbres, ou encore la mélodie cristalline et un peu triste du Rougegorge familier.

Oui c’est vrai, ce matin, les oiseaux ne font guère de zèle. Il faut parfois les titiller. Heureusement qu’une discrète « repasse » de leurs chants suffit à les réveiller de leur apparente léthargie. Témoin, cette Sittelle torchepot, perchée au sommet d’un arbre et lançant interminablement ses quelques cris nerveux, ou bien ce Grimpereau des jardins bafouillant sa phrase hésitante, bien accroché à son tronc d’arbre. Il y a aussi ces minuscules Roitelets triple-bandeau faisant entendre leurs appels haute fréquence audibles aux seules oreilles encore épargnées par les affres de l’âge.





Ici, dans le Parc Oriental, se juxtaposent divers milieux : futaie, coteau, étang, cascade, prairie, assez pour contacter, tout au long de cette flânerie matinale, vingt cinq espèces d’oiseaux dont vingt-deux avec leurs chants ou leurs simples cris. L’occasion pour beaucoup d’une découverte ou d’un approfondissement. En quelques heures, tout un univers sonore, riche et diversifié, inséparable à cette saison du paysage.



Voici quelques chants classiques, consultables grâce au site xeno-canto.org :

     • Troglodyte mignon - Troglodytes troglodytes


     • Sittelle torchepot - Sitta europaea


     • Rougegorge familier - Erithacus rubecula


     • Pinson des arbres - Fringilla coelebs


     • Roitelet à triple bandeau - Regulus ignicapilla



JML

mercredi 28 février 2018

Novosibirsk... Le Croisic sans escale

Matinée du 25 février. Port du Croisic. Soleil radieux mais froid glacial. Huit silhouettes emmitouflées se dirigent courageusement vers la jetée du Tréhic. Un vent sibérien gifle les visages et fait pleurer les yeux. Un Pipit maritime fait le beau sur une murette, occasion pour l'un des observateurs d'une coche premier choix. Jumelles et longues-vues scrutent l'océan : Sternes caugeks en pêche, Grèbes à cou noir remontant à la surface comme des bouchons, mais pas l'ombre d'un Harle huppé. Soudain l'un de nous repère la silhouette d'un Plongeon, déclaré dans un premier temps comme « arctique », ce qui colle assez bien avec la météo ambiante. La bête se laissant dériver au gré du courant se rapproche progressivement de nous, nous laissant un brin sceptiques sur sa véritable identité. Un brin, vous avez dit un brin ! Bon Dieu, mais c'est bien sûr, c'est un Plongeon imbrin.


Pipit maritime - Anthus petrosus - Jetée du Tréhic / Le Croisic
(Photo : Catherine Lechevallier)


Grèbe à cou noir - Podiceps nigricollis - Jetée du Tréhic / Le Croisic
(Photo : Catherine Lechevallier)


Plongeon imbrin - Gavia immer - Jetée du Tréhic / Le Croisic
(Photo : Catherine Lechevallier)


Un peu laminés par ce trop-plein de rafales glacées, nous nous déplaçons plus au sud, vers la baie du Castouillet. Arrêt prolongé le long du rivage et des minuscules vasières qu'épargne encore la marée montante. Des Bécasseaux sanderlings s'y activent, trottant nerveusement à la frange des vaguelettes. A côté d'eux, quelques Bécasseaux variables et des Grands gravelots. Un peu à l'arrière, des Tournepierres et quelques Courlis cendrés. Plus loin, dans le ressac, une belle troupe de Bernaches cravants qu'accompagnent des Canards siffleurs et souchets. Observations et photos nous aident à oublier les rigueurs de la température.


Bécasseaux sanderlings - Calidris alba - Baie de Castouillet / Le Croisic
(Photo : Catherine Lechevallier)

Bécasseau variable - Calidris alpina - Baie de Castouillet / Le Croisic 
                                                      (Photo : Catherine Lechevallier)

Grand Gravelot - Charadrius hiaticula - Baie de Castouillet / Le Croisic
(Photo : Catherine Lechevallier)

Vol de Bernaches cravants - Branta bernicla, Canards siffleurs - Anas penelope
et souchets - Anas clypeata - Baie de Castouillet / Le Croisic
(Photo : Catherine Lechevallier)


A quelques centaines de mètres de là, la côte est heureusement protégée du vent de terre, nous offrant l'endroit idéal pour pique-niquer et nous réchauffer... très relativement. L'appétit n'empêche pas certains d'être aux aguets : perchés sur un rocher, un puis deux Cormorans huppés sont repérés au milieu d'un légion de Grands cormorans. On regarde, on compare, on admire.

Pique-nique - Pointe du Croisic / Le Croisic
(Photo : Hugues Berjon)
Après un arrêt roboratif dans un café, nous reprenons nos véhicules, traversons les marais salants (un Martin-pêcheur découvert par un conducteur à la vue perçante !), et allons stationner au pied de la dune de Pen-bron.
Côté marais, la marée descendante laisse progressivement entrevoir l'immense vasière des Traicts. Hormis les nombreuses et bruyantes troupes de bernaches, de nombreux limicoles commencent à se poser : Pluviers argentés, Barges rousses, Chevaliers aboyeurs et gambettes... Côté océan, des radeaux de Macreuses noires sont posés à la surface. Quelques groupes d'oiseaux plus proches du rivage sont l'objet de belles observations et, pour certaines et certains, d'une coche supplémentaire.

Vol de Barges rousses - Limosa lapponica - Chenal de Pen-bron / Guérande
(Photo : Catherine Lechevallier)
Chevaliers aboyeurs - Tringa nebularia - Chenal de Pen-bron / Guérande
(Photo : Catherine Lechevallier)
Au moment où nous quittons les lieux, une magnifique lumière éclaire encore l'océan aussi bien que les Traicts où pullulent maintenant des centaines d'oiseaux. Trente-six espèces vues tout au long d'une journée passée dans ce coin si riche du littoral et cette envie chez beaucoup d'y revenir sans tarder.

Observateurs aux aguets - Pointe de Pen-bron / Guérande
(Photo : Catherine Lechevallier)
JML


jeudi 8 février 2018

Comptage 2018 des chauves-souris à Cuon

Ce dimanche 4 février, nous étions 4 pour compter les chauves-souris sur le site Natura 2000 de Cuon. Comme depuis quelques années, le temps était doux et les chauves-souris moins présentes et plusieurs biens réveillées.
Comme vous pourrez le constater sur les courbes plus bas, les chiffres reviennent à des niveaux proches de ceux d'avant 2010 sans explication franche. A priori, la tendance est la même sur l'ensemble du département sans pouvoir l'expliquer. Soit les populations baissent et c'est inquiétant, soit certains effectifs se reportent sur des cavités que nous ne connaissons pas.
En illustration cette année, vous trouverez quelques témoignages des hommes qui ont creusé les galeries.


Espèces201621072018
Grand Rhinolophe966544
Petit Rhinolophe355845
Grand Murin20157
Sérotine433
Barbastelle512
Oreillard SP
1
Murin de Daubenton935
Murin à moustaches252331
Murin à oreilles échancrées610598463
Murin de Beshtein11
Murin de Natterer
4
Pipistrelle SP263
Chauve-souris SP866
Total815784609

Témoignage des ouvriers en 1952

Témoignage de Maurice Guitteau en 1945

Témoignage anonyme de 1947

Un Murin  à oreilles échancrées à gauche et un Petit Rhinolophe à droite

Un Petit Rhinolophe caché dans les racines

Évolution du total et des 2 espèces principales

Évolution des 4 espèces moyennement représentées

Évolution des 5 taxons en petit nombre