C’est
au nord de la Tourlandry. Un sentier qui court sur la ligne de crête.
Au milieu, une table d’orientation dont le temps a eu raison de la
gravure mais où se déchiffre encore l’altitude : 216 m. En
contrebas, un champ qui dévale et vient buter contre une haie
sinueuse et anarchique. Au-delà, le damier irrégulier du bocage et
au fond, vers le nord, l’ourlet du coteau de Pont-Barré. Juste
derrière, par beau temps, on peut voir se dessiner les flèches de
la cathédrale d’Angers et la silhouette ramassée de la Tour
Saint-Aubin. Un panorama de plus de trente- cinq kilomètres. Ici à
l’Angibourgère on voit les oiseaux arriver de loin.
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Verdier d'Europe ♂ - Chloris chloris - Photo : Didier Ferrand
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Dix
matinées à scruter la migration.
Déjà,
à l’automne 2020, plusieurs sorties sur le site nous avaient donné
envie de prolonger l’expérience. Pour observer la migration,
l’endroit était-il vraiment pertinent ? Il convenait de s’en
assurer. Aussi, cette année, entre le 16 septembre et le 21 octobre,
quelques observateurs se sont-ils retrouvés là pour comptabiliser
les oiseaux de passage. Dix matinées en tout, soit un peu plus de
vingt-neuf heures. Quatre observateurs ont participé, deux
ponctuellement, deux autres régulièrement. Le choix de ces matinées
fut d’abord guidé par la disponibilité de chacun mais aussi par
les conditions météorologiques. Une période anticyclonique avec
vent de nord ou de nord-est reste en effet peu favorable à
l’observation. Les migrateurs volent alors trop haut et deviennent
vite indétectables.
La
belle surprise des hirondelles.
Au
cours de ces dix matinées, 10974 oiseaux ont été comptabilisés.
Parmi eux, quelques locaux représentant une part infime – une
centaine tout au plus – du chiffre total. La très grande majorité
des oiseaux pris en compte sont des migrateurs observés en migration
active, soit en vol direct, soit pour quelques uns en migration
rampante.
50
espèces ont ainsi été recensées. Parmi elles, la mieux
représentée et de loin : l’Hirondelle rustique
avec au moins 6058 individus soit 55,2% du total des
oiseaux observés. A noter que 5422 d’entre elles ont été vues
sur trois matinées seulement. Vient ensuite et sans surprise le
Pinson des arbres avec 1105 oiseaux et, juste derrière, l’Hirondelle
de fenêtre : 705 individus soit 6,4% du flux d’ensemble.
Parmi toutes ces espèces, autre surprise, celle du Grosbec casse
noyaux observé régulièrement. 53 individus en tout dont 25 en une
seule matinée.
Il
convient toutefois de relativiser ces quelques chiffres. Concernant
les hirondelles des deux espèces les plus communes, notre présence
sur le site s’est révélée trop peu régulière pour se faire une
idée juste de la quantité d’individus qui sont passés, une
quantité probablement bien supérieure à celle que nous avons
enregistrée.
Touchant
le nombre assez faible de fringilles, il faut remarquer d’une part
que les conditions météo optimales n’ont pas toujours été au
rendez-vous et que l’absence d’observateurs après le 21 octobre
tombait juste au moment du gros du passage de cette famille
d’oiseaux.
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1 105 pinsons des arbres en migration ont été dénombrés cet automne à La Tourlandry Fringilla coelebs - Photo : Didier Ferrand
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Perspectives.
Le
suivi de la migration postnuptiale 2021 sur le site de l’Angibourgère
est d’ores et déjà encourageant au regard de la variété des
espèces observées comme du nombre non négligeable d’Hirondelles
rustiques comptabilisées.
Dans
les années à venir un tel suivi gagnerait certainement à être
plus systématique : multiplication du nombre de matinées,
observations jusqu’à la fin octobre, plus grand nombre
d’observateurs…
Aussi,
dès aujourd’hui, faisons-nous appel à toutes les bonnes volontés
pour participer au suivi du passage postnuptial 2022 sur le site de
l’Angibourgère.
L’observation
de la migration des oiseaux est, au-delà du seul aspect comptable,
toujours riche d’expériences et d’émotions.
Jean-Michel
LOGEAIS & Éric VAN KALMTHOUT