L’objectif
initial était de faire observer et/ou découvrir plusieurs oiseaux nicheurs
d’exception : l’Outarde canepetière, le Courlis cendré et le
Bruant ortolan.
Seule
la première espèce avait été mentionnée, les deux autres constituant la
surprise du chef...
La
matinée se passa donc à arpenter les nombreuses jachères liées à des MAEC
(mesures agro-environnementales et climatiques) destinées, pour l’essentiel, à
protéger les outardes. N’oublions pas qu’une jeune outarde en pleine croissance
a un besoin quotidien de 200 criquets en moyenne !
Sans
ces parcelles préservées et qui peuvent occuper de vastes superficies,
l’outarde serait une espèce disparue des Deux-Sèvres (environ 140 couples en
2024)…
D’autre
part, un énième plan d’action national (PNA) a été mis en place, piloté par la
LPO et relayé par le GODS (Groupe Ornithologique des Deux-Sèvres). Il permet de
renforcer la population sauvage par prélèvement des œufs dans les parcelles non
engagées en MAEC pour les protéger des fauches précoces : les œufs sont
conservés au Zoodyssée de Niort puis replacés plus tard dans les nids où,
entre-temps, des leurres en plâtre ont été installés pour que la femelle
continue à couver. Mais comme on ne lui restitue que deux œufs (par exemple sur
4 de la ponte initiale), l’on dispose donc d’un stock d’œufs qui sont mis en
couvoir pour de futurs lâchers... Pour plus d’informations, cf Le Lirou n°44,
2025.
Revenons
à nos...outardes : qu’elles furent difficiles à voir et à entendre :
il nous fallut pas moins de la matinée avant de distinguer très loin le fameux
"prrrt" qui lui a valu son qualificatif !
Une
silhouette tremblotait au loin dans les brumes de chaleur qui ondoyaient sur la
plaine… Ouf, mission accomplie !
Outarde canepetière (Photo : Katia Baudouin)
Un quart d’heure plus tard, le mâle reprenait ses "prrrt" à l’envi sous nos yeux médusés et cela à 20h 30, peu ou prou...
L’autre
objectif, le Courlis cendré, fut abandonné d’un commun accord vu le
temps passé à repérer la première espèce. Par deux fois, cependant, nous
entendîmes au loin la voix flûtée de l’oiseau qui ramena d’un coup sur la
plaine, comme par magie, l’ambiance automnale des estrans vaseux...
La population de la plaine du Nord Deux-Sèvres (en gros Oiron-Thénezay) est remarquable pour l’Ouest (à l’exception des marais de Carentan) : 40 couples en 2024. Rappelons que le Courlis cendré est un oiseau en déclin à l’échelle nationale...
La
troisième espèce, le Bruant ortolan, nous donna moins de fil à retordre
car un mâle chantait sur un fil électrique au bord de la route ! Cela dit,
cette micro-population est très marginale et, pour l’instant, uniquement
cantonnée sur la bordure ouest du 86 où nous avons donc fait une incursion…
Bruant ortolan (Photo : Katia Baudouin)
Deux
autres beaux passereaux se laissèrent admirer dans les colzas voisins : la
Bergeronnette printanière et la Gorgebleue.
Gorgebleue à miroir (Photo : Katia Baudouin)
Bilan chiffré pour les oiseaux : 62 espèces dont les trois espèces de busards des plaines (Busard cendré, Busard Saint-Martin et Busard des roseaux), la Pie-grièche écorcheur, l’Élanion blanc, le Faucon hobereau vu à plusieurs reprises en chasse (sur insecte et sur oiseau) ou se chamaillant avec un faucon crécerelle, les très nombreuses tourterelles des bois souvent à terre, signe d’espoir pour une espèce qui a vu ses effectifs s’effondrer récemment, le Pigeon colombin, la Cisticole des joncs, etc.
L’on
ne saurait terminer sans évoquer les autres richesses de ces plaines en
apparence monotones et stériles : les mammifères, avec de nombreux
chevreuils parfois vus très prés, les lièvres dont un couple en
"action" à quelques mètres, le renard… Les plantes, comme l’œillet
des Chartreux, les nombreuses orchidées (principalement des Anacamptis
pyramidalis). Les insectes dont le magnifique Ascalaphe ambré, Libelloides
longicornis, à la fois papillon et libellule…
Ascalaphe ambré (Photo : Adeline Gatineau)




