mardi 25 février 2020

Hiver 2020 : Bilan des permanences au lac du Verdon

Cet hiver, 120 visiteurs ont été sensibilisés à l’occasion des 8 permanences assurées par 16 bénévoles du groupe.

Observatoire du Verdon / La Tessoualle
(Photo : Bernadette Delaunay)


En dépit de leur couverture médiatique, les permanences 2020 ont été assez peu fréquentées. Les pluies répétées et les vents forts expliquent en partie cette timide affluence du public. Habitués et débutants ont toutefois pu être sensibilisés à l’importance du site au travers de nombreux échanges. Du côté des oiseaux hivernants, le bilan est également mitigé. La forte pluviosité de l’automne a permis de maintenir des niveaux d’eau satisfaisants, mais les températures douces de l’hiver n’ont pas fait descendre beaucoup d’oiseaux du nord de l’Europe. En outre, la fermeture progressive des bords du lac impacte l’attractivité du site. Autrefois propice aux stationnements d’oiseaux brouteurs (Foulques macroules, Canards siffleurs), la végétation rase des berges est peu à peu comblée par une végétation plus fournie, faute d’entretien raisonné.

Merci à tous les bénévoles du groupe pour leur investissement chaque dimanche !

Lucas Roger

jeudi 6 février 2020

Comptage 2020 des chauves-souris à Cuon

Comme chaque année à la même époque, deux week-end étaient consacrés au comptage des chauves-souris en hivernage dans différentes cavités du département. Après le sud Loire les 25 et 26 janvier, c'était au tour du Baugeois les 1 et 2 février. Nous étions de 4 personnes ce dimanche pour compter un complexe de cavités Natura 2000 à Cuon.
Après une baisse significative en 2018 (total 609) puis une remonté en 2019 (799), l'année 2020 est encore en baisse avec un total de 505. Comme pour les années précédentes, c'est le chiffre des Murin à oreilles échancrées qui influx majoritairement sur ce total. Les Grand Rhinolophe restent à un niveau du début des années 2000 et les Petits Rhinolophe baissent significativement.
Difficile d'expliquer ces fluctuations, la douceur est probablement en cause et des reports sur d'autres cavités inconnues sont aussi possible, les sites non prospectés étant nombreux sur le secteur.



Espèces201820192020
Grand Rhinolophe449873
Petit Rhinolophe455315
Grand Murin7511
Sérotine312
Barbastelle234
Oreillard SP
1
Murin de Daubenton596
Murin à moustaches312127
Murin à oreilles échancrées463602356
Murin de Beshtein11
Murin de Natterer5
Pipistrelle SP34
Chauve-souris SP615
Total609799505

Les courbes ci-dessous montrent les évolutions sur 30 ans de comptage. Les 1er comptages n'étaient pas forcément exhaustifs, nous avons depuis beaucoup progressé dans la connaissance de la topographie de l'ensemble des cavités du site.
Cliquez sur les images des courbes pour les visualisez à plus grande échelle.

Évolution du total et des 2 espèces principales



Évolution des 4 espèces moyennement représentées


Évolution des 5 taxons en petit nombre

   

jeudi 2 janvier 2020

Pluviométrie 2019

Avec un total de 832mm, 2019, sans égaler 2018 est une année pluvieuse mais contrastée. Avec janvier et février faibles, puis 4 mois dans la moyenne, juillet très sec suivi de aout et septembre légèrement plus faible que la moyenne et novembre et décembre qui ont battus des records.

Cette année, ce sont encore 5 bénévoles qui ont collectés les données, 4 à Cholet et 1 à Nuaillé. On constate quelques différences d'un mois à l'autre mais, globalement, les chiffres se ressemblent.

Sur les 11 dernières années, 2018 et 2019 sont clairement les plus arrosées suivies de 2014, nettement plus que 2010 ou 2017. Sur cette période, on passe de 558mm en 2010 à 947mm en 2018, soit près du double. La moyenne de référence 1951-1980 avec 742mm (article Wikipédia sur le climat en Maine-et-Loire) est très légèrement supérieure à celle de 2009-2019 avec 731 mais avec encore une année semblable et nous seront au niveau de cette moyenne.


Sur les mêmes périodes temporelles en moyennes mensuelles cette fois, on constate toujours un déficit marqué les mois d'aout, septembre et octobre et un accroissement net en novembre, décembre et janvier.


jeudi 24 octobre 2019

QUATRE JOURS À OUESSANT

   Il aura suffi que notre bateau s’éloigne de l’île, que s’amenuise la falaise du Stiff, jusqu’à devenir cette simple ligne sombre et brumeuse sombrant à l’horizon, pour que, se frottant les yeux, l’on se demande déjà si ces quatre journées passées à Ouessant par huit personnes du groupe LPO Mauges ont bien eu lieu, tant elles ont passé trop vite.

Photos : Catherine Lechevallier (1 & 2)

La fièvre du samedi après-midi.

   On a beau, comme certains d’entre nous, avoir fait bien des fois cette expédition automnale ouessantine ou, comme quelques autres, y participer pour la première fois, on ne peut s’empêcher de s’étonner de cette fièvre qui, en octobre, saisit ces dizaines d’ornithos sillonnant en vélo, dans tous les sens et à toute heure du jour, les routes et sentiers de l’île à la recherche des oiseaux rares signalés ici et là.
   Ainsi, la seule nouvelle de la présence d’une Grive obscure Turdus obscurus observée du côté d’Arland a-t-elle donné lieu à un afflux soudain de cyclistes dans la zone indiquée via les portables toujours en alerte. Arrivés sur les lieux, les novices de notre petit groupe ont pu mesurer jusqu’où allait la passion ornithologique en apercevant l’alignement formé par une cinquantaine de personnes – des mâles en grande majorité – regardant ensemble dans la même direction et scrutant à la longue-vue les prunelliers où se gavaient un groupe de Grives mauvis, sans d’ailleurs parvenir, pour la grande majorité, à « cocher » l’objet tant convoité de leur désir.

   Une personne non-avertie découvrant le spectacle pouvait croire à quelque cérémonie secrète, le rituel d’une secte – appelons-la « de la grive obscure » - dont les membres, penchés silencieusement vers des tubes posés sur des trépieds, attendaient quelque révélation à moins qu’ils ne soient déjà saisis d’un début de transe.

Photos : Katia Baudouin (1) et Catherine Lechevallier (2)

   Heureusement, les choses se passent parfois plus simplement. On se rend au lieu indiqué et, sans attendre, la « rareté » tant attendue se montre, sans manière aucune, aux observateurs. Ainsi cette Bartramie des champs Bartramia longicauda arpentant une prairie, indifférente à ses admirateurs qui, à quelques mètres, s’efforçaient de lui tirer le portrait. A l’inverse de cette facile vedette américaine, une Pie-grièche brune Lanius cristatus originaire de la lointaine Asie centrale n’aura offert aux observateurs que de bien trop brèves apparitions.

Bartramie des champs - Bartramia longicauda -
Photo : Catherine Lechevallier

Arrêts aux « stangs ».

   Inséparable des oiseaux, Ouessant c’est aussi une mosaïque de milieux et de paysages. Des plus ouverts aux plus fermés, des plus exposés aux plus abrités. Du côté de l’ouvert, la côte, ponctuée ça et là de pointes. À l’ouest, celle de Pern, ses rochers ridés, travaillés, sculptés par l’érosion et ses anses aux eaux plus tranquilles. Dans l’une, deux Phoques gris Halicœrus grypus font le spectacle tandis que, glissant sur l’océan, processionnent des cohortes pressées de Fous de Bassan.
   A Porz Doun, en face, de grandes allées de pelouses rases circulent entre des îlots de landes basses. C’est le domaine du Bruant lapon Calcarius lapponicus. Devant l’affluence des promeneurs, les quelques oiseaux présents ont préféré l’abri d’herbes plus hautes voisinant avec des coussinets d’ajoncs nains. Essayer de s’en approcher c’est à coup sûr provoquer leur envol et laisser à celles et ceux ne connaissant pas l’espèce, un goût d’inachevé avec ces silhouettes trop vite aperçues.

   Perchés sur les pelouses du belvédère de Kadoran, nous ratons de peu le Bruant des neiges Plectrophenax nivalis mais pas le spectacle grandiose de la côte courant jusqu’au Créach caressée par le soleil matinal, celui aussi d’un océan très calme où apparaissent de temps à autre de petits chapelets d’Alcidés, trop éloignés hélas pour être sûrement identifiés, mais aussi quelques dauphins venant fendre un instant la surface de l’eau.

(2) : Phoque gris - Halicœrus grypus -
(3) : Crave à bec rouge - Pyrrhocorax pyrrhocorax -
Photos : Katia Baudouin (1 & 2) et Catherine Lechevallier (3)

   A l’opposé de ces vastes paysages ouverts sur l’infini de l’océan, la chambre secrète et ombreuse de ces « stangs », petits vallons colonisés par des saulaies. Y pénétrer, c’est apercevoir un étrange entrelacs de troncs tourmentés et, au-dessus, dans le labyrinthe des branchettes et des feuillages filtrant les rayons du soleil, les mouvements furtifs des passereaux venus chercher gîte et couvert : mésanges, bouvreuils, roitelets, Pouillots véloces aux variations de plumage si déroutantes et, avec un peu de chance, celle d’un membre de l’équipe, Pouillot à grands sourcils Phylloscopus inornatus.

Pouillot véloce - Phylloscopus collybita -
Photos : Katia Baudouin (1) et Catherine Lechavallier (2)

   Difficile de dérouler en détail le menu de ces quatre journées ouessantines. Il y faudrait presque un livre. Tentons pourtant cet inventaire en guise de conclusion.
   Soixante-treize espèces d’oiseaux, des plus communs aux plus rares : citons entre autres ces Oies à bec court Anser brachyrhynchus ou encore cette Corneille mantelée Corvus cornix, sans oublier ces vols nombreux de Tarins des aulnes, de pinsons, de Grives litornes et mauvis traversant le ciel. De belles observations de phoques gris comme ce tout jeune « blanchon » escaladant sous nos yeux des coussins d’algues. 


Photo : Katia Baudouin

   Des paysages et des ambiances uniques. Une météo généreuse bien au-delà des prévisions. Des routes pentues avalées sans suées ni souffle court grâce aux vélos à assistance électrique. Des voitures et des touristes toujours plus nombreux. Des découvertes, des rencontres, des échanges, de petites frustrations de n’avoir pas réussi à voir tous les oiseaux qu’on espérait, mais aussi des fous rires et comme un air de grandes vacances partagé par Catherine, Frédérique, Katia, Sylvie, Didier, Hugues et Jean-Paul.

Jean-Michel Logeais

dimanche 29 septembre 2019

Début d’automne au Bois des Hauts

   28 septembre. Nous nous retrouvons à cinq pour cette classique sortie migration. Quinze jours d’avance par rapport aux années précédentes. Le temps n’est pas encore aux grands vols orientés de fringilles. Quelques Pinsons des arbres et Linottes mélodieuses et, en halte migratoire, une belle troupe bariolée de Chardonnerets élégants faisant bombance dans une prairie riche en graines. Passant un peu trop loin pour être identifiés, quelques groupes et des points d’interrogation toujours frustrants. De temps à autre, de petites escouades de Pipits farlouses passent au dessus de nous en poussant leurs cris si caractéristiques.

    C’est aussi dans la mosaïque des haies, des parcelles, des arbres et des clôtures que se laisse voir une autre migration, plus furtive mais tout aussi animée. Des Rouges-gorges familiers fraîchement arrivés crient et chantent un peu partout. Des Pouillots véloces font entendre leur petit huitt. Parfois l’un d’eux ose une sortie hors des feuillages pour gober un insecte avant d’aller se mettre à l’abri quelques mètres plus loin. Des Mésanges charbonnières bavardes suivent le labyrinthe des haies orientées nord/sud. Elles en profitent pour avancer tout en se nourrissant au passage. Un Rouge-queue à front blanc prend un instant la pose sur un fil téléphonique. En contrebas d’un chemin, un réseau de piquets et barbelés sert de perchoirs à des Tariers des prés. Ailleurs, sur un labour, deux Traquets motteux jouent à cache-cache avec les creux et les bosses. Immobiles, leur plumage couleur de terre rend difficile leur repérage.

Observation de la migration - Crête du Bois des Hauts / Puy-Saint-Bonnet
(Photo : Bernadette Delaunay)


    Les oiseaux observés ici le sont probablement partout ailleurs dans le bocage. Reste que cette modeste crête offre pourtant quelques atouts et attraits supplémentaires. Outre la tranquillité, une vue bien dégagée vers le nord comme vers le sud. Et puis ce granit affleurant ici et là en « chirons » rendant la terre ingrate et peu cultivable. D’où ces pâtures, ces haies mais surtout ces petits îlots de sauvagerie où prospèrent ajoncs, ronces, sureaux, églantiers. Une aubaine pour tous ces passereaux qui, débarqués de leur traversée nocturne, trouvent là, pour quelques heures, gîte et couvert avant le grand départ de la nuit prochaine. Une chance à ne pas laisser passer pour nous, les « veilleurs » passionnés de migration.


Jean-Michel LOGEAIS

mercredi 18 septembre 2019

JOURNÉE PATRIMOINE AU VERDON


    Pour le groupe LPO Mauges, il s’agissait d’une première. On avait sorti le grand jeu : stand, panneaux, livres, plaquettes et tout sur les refuges. Les bénévoles avaient répondu en nombre à l’appel. Le Courrier de l’Ouest s’était fendu d’un article. Soleil et chaleur étaient de la partie, un peu trop peut-être, assez toutefois pour faire craindre aux promeneurs une insolation.

Découverte du patrimoine naturel - Lac du Verdon / La Tessoualle
(Photo : Katia Baudouin)

    On aura vu défiler malgré cela une cinquantaine de personnes. Une occasion de répondre à nombre de questions, de parler faune sauvage et surtout d’en montrer quelques spécimens.
Des oiseaux bien sûr : Balbuzard pêcheur, Hirondelles rustiques, Héron garde-bœufs… Côté mammifères, un Renard, aperçu au loin, crée la surprise. Du côté des insectes, nos entomologistes ne chôment pas. Dans leurs filets, des libellules : Sympétrum sanguin sympetrum sanguineum, Sympétrum méridional Sympetrum meridionale, Leste vert Lestes viridis. Des trouvailles aussi côté orthoptères : Criquet à ailes bleues Oedipoda caerulescens, Aiolope émeraudine Aiolopos thalassimus, pour ne citer que quelques exemples. Mais aussi : Azuré commun Polyommatus icarus, Coccinelle à vingt deux points Psyllobora vigintiduopunctata et dans le groupe des Chrysomèles ce Longitarsus reichei non encore répertorié en Anjou.

Observation d'un papillon Azuré (Lycaenidae) - Lac du Verdon / La Tessoualle
(Photo : Katia Baudouin)
Journées européennes du patrimoine - Lac du Verdon / La Tessoualle
(Photo : Katia Baudouin)

    Au final, un bilan mitigé. Question fréquentation, un peu de déception au vu du nombre de visiteurs. Choix du lieu, de la date ? Il nous faudra y réfléchir si nous voulons renouveler l’expérience. En revanche, une belle occasion pour les membres du groupe de se retrouver, notamment pour partager le temps du pique-nique, mais aussi pour échanger et s’enrichir en profitant des compétences des uns et des autres.

Jean-Michel Logeais

mardi 25 juin 2019

Presque tout sur les libellules

Libellule, un mot aussi élégant qu’évocateur. A l’entendre, on a l’impression d’en voir voler une. Oui, mais laquelle ? Derrière la légèreté et l’apparente clarté du vocable se cache en réalité un maquis serré de familles, de genres et d’espèces. Une centaine pour la France, pas moins de soixante et une pour le seul département de Maine-et-Loire. Caloptéryx vierge, Leste barbare, Brunette hivernale, Ischnure élégante, Naïade aux yeux bleus, Aeschne isocèle, Gomphe gentil… et j’en passe. Quelques unes ont heureusement la simplicité de s’appeler simplement Libellule, à quatre taches notamment.
Comment ne pas se perdre dans ce labyrinthe de noms, ce foisonnement de couleurs, de formes et autres détails plus ou moins subtils ?

Heureusement qu’à Cholet nous pouvons compter sur les services du professeur Charrier, guide es libellules trois étoiles. En deux temps, celui d’une soirée et celui d’une sortie, il nous conduit pas à pas dans le monde des Odonates et nous livre les clés d’un univers encore flou pour la plupart des participants.

Vendredi 7 juin, apprentissage par photos interposées des soixante et une espèces angevines. Notre professeur nous guide patiemment dans le dédale des détails à regarder et des différences à ne pas manquer : écartement des yeux, couleur et forme du ptérostigma, et la forme de la tache sur tel ou tel segment et les pattes et le thorax… En bref, tout ce qu’il faut savoir pour ne pas avoir l’air trop emprunté une fois sur le terrain.


Samedi 15 juin, nous nous retrouvons à sept pour une séance de travaux pratiques. A Maulévrier, à l’extrémité sud-est du Verdon. La météo est au vent et à la fraîcheur. Deux filets, manipulés de main de maître – Ah, ce coup de poignet final ! – cueillent dans les herbes du chemin, Pennipatte bleuâtre, Ischnure élégant, Leste vert, Gomphe gentil… quatorze espèces au total dont une majorité de zygoptères. De quoi en prendre plein les yeux et d’en savoir un peu plus.

Naïade aux yeux bleus  (Erythromma lindenii) - Queue du Lac du Verdon / Maulévrier
(Photo : Sylvie Foucault)

On parle beaucoup aujourd’hui de biodiversité. Un mot qu’élus et médias répètent souvent à satiété mais qui reste bien abstrait pour qui n’en a jamais fait l’expérience sensible. Or, ce genre de sortie est souvent la meilleure façon de donner tout son sens à ce mot. Pas nécessaire d’aller bien loin. Un chemin de campagne, un bord d’étang, un jardin et cette envie de s’arrêter et d’admirer le foisonnement du vivant y suffisent.

Découverte des Odonates - Queue du Lac du Verdon / Maulévrier

Jean-Michel Logeais